Vénissieux : la brigade de police municipale à vélo, vraie solution ou coup de com’ ?

Plus de six mois après son installation, le maire de Vénissieux choisit les actions sur le terrain et les posts sur les réseaux sociaux pour dresser son bilan. Récemment, il a décidé de publié un arrêté pour le port obligatoire du casque pour les trottinettes, mais une autre annonce sécuritaire a fait son apparition : le déploiement d’une unité de policiers municipaux à vélo.

Une communication de proximité !

Le choix n’est sans doute pas anodin, car en allant à la rencontre des habitants sur les marchés plutôt de communiquer depuis un pupitre ou un communiqué officiel, l’élu a opté pour une méthode de terrain. Cette annonce publiée sur sa page FaceBook, met en avant les mesures sécuritaires que la ville a décidé de mettre en place. Le message semble cohérent, prévenir, informé mais aussi verbaliser tout en essayant d’humaniser l’action municipale  par le contact direct qu’il s’agisse du maire ou demain, des policiers municipaux à vélo.

Mais ces mesures sécuritaires ne s’arrêtent pas là, puisque dès son arrivée, le maire a décidé le lancement de recrutements de policiers municipaux, et mettre en place un arrêté pour le port du casque obligatoire avec un renforcement de la présence sur le terrain.

Ce que l’annonce précise pas (encore)

L’annonce du maire concernant unité de policiers municipaux à vélo reste à ce stade, volontairement général : aucune indication sur les effectifs engagés, les horaires de patrouille, les quartiers prioritaires ou les modalités avec les unités véhiculés. Or, c’est précisément dans ces questionnements que se joue la réussite ou l’échec d’une brigade à vélo.

Trois questions nous semblent importantes

  • le périmètre d’intervention : une patrouille cantonnée aux marchés et au centre ville n’a pas les mêmes besoins de sécurisation qu’une patrouille amenée à circuler dans des secteurs comme Les Minguettes.
  • les effectifs mobilisés : le recrutement de policiers municipaux étant « engagé » mais visiblement  non achevé, la question de savoir si la ville dispose déjà d’effectif suffisant pour former des binômes ou trinômes protégée reste ouverte.
  • le lien avec les unités en véhicule : rien n’indique pour l’instant si un dispositif de renfort rapide (véhicule prêt à intervenir en cas d’interpellation ou d’incident) a été prévu en parallèle

Une annonce cohérente avec la méthode revendiquée par le maire

Il faut noter que Idir Boumertit assume lui-même, dans son message, une forme de transparence sur les limites de son action  – « tout n’est pas réglé », « nous assumons ce qui fonctionne comme ce qui reste à améliorer ». Si le maire tient parole, c’est plutôt une bonne nouvelle pour la suite. En promettant de communiquer « sans filtre », il s’engage à ajuster le dispositif si le terrain révèle des problèmes — notamment sur les faiblesses déjà connues : impossibilité de transporter des suspects, agents exposés physiquement, risque de vol ou de dégradation du matériel.

Six mois de mandat, une annonce sur Facebook pour le port du casque obligatoire pour les trottinettes, une unité de policiers municipaux à vélo, présentée comme une solution miracle : sur le papier, l’opération de communication est réussie. Mais la sécurité ne se décrète pas à coup de posts sur les réseaux sociaux

Derrière les mots « proximité – visibilité » les vraies questions restent absentes : combien de policiers, sur quel le périmètre, avec quelle protection ? Et l’on n’a même pas besoin d’aller chercher loin : à deux pas de la mairie, l’interdiction d’alcool dans le parc Dupic n’est déjà plus respecté. Difficile de croire à une brigade efficace aux Minguettes quand une simple interdiction n’est pas respectée sous les fenêtres de l’Hôtel de ville. 

Le maire promet de « rendre compte sans filtre ». Les vénissians n’auront qu’à attendre les premiers résultats – pour voir si la formule sécuritaire version LFI tient mieux la route que l’interdiction au parc Dupic face à une canette de bière

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