Après le premier tour des élections à Vénissieux, les listes du second tour ont été publiées. Et comme souvent, entre les deux tours, des alliances se forment. C’est légal, c’est courant… mais parfois, cela peut surprendre. C’est le cas du rapprochement entre la liste « Union populaire Vénissieux », menée par Kessi, et celle de la maire sortante Michèle Picard.
Une liste indépendante… qui rejoint la majorité ?
Pendant la campagne du premier tour, la liste de Kessi se présentait comme une alternative. Son objectif affiché était de changer la manière dont la ville est gérée, donc de proposer autre chose que la politique menée par l’équipe en place. C’est pourquoi certains peuvent se poser une question simple : pourquoi rejoindre aujourd’hui cette même majorité ?
Bien sûr, dépasser 5 % permet de fusionner avec une autre liste. Mais cela n’explique pas forcément tout. Les électeurs peuvent légitimement se demander ce qui a changé entre les deux tours.
Un parcours politique qui peut interroger
Autre élément qui peut troubler certains habitants : le parcours politique de Kessi. D’après différents éléments publics, il aurait évolué au fil du temps entre plusieurs sensibilités politiques : des débuts proches du communisme, puis des positions plus à droite, avec des références à des personnalités comme Alain Juppé ou Laurent Wauquiez. Il a également été lié à Yves Blein lors des élections de 2020.
Aujourd’hui, le voir sur une liste menée par le Parti communiste français peut donc surprendre certains électeurs. Cela pose une question, sans jugement : est-ce une évolution politique assumée, ou une adaptation aux circonstances ?
Une place sur la liste qui interroge
En regardant la liste officielle du second tour, on constate que Kessi figure en 16e position sur la liste de Michèle Picard. Concrètement, si cette liste gagne, cela pourrait lui permettre d’obtenir un poste au conseil municipal, voire des responsabilités. Deux autres personnes issues de sa liste sont également présentes, ce qui peut donner le sentiment d’un accord assez structuré. Là encore, une question se pose : s’agit-il d’un accord basé sur un projet commun clair, ou d’un simple rapprochement stratégique ?
Une alliance contre quelqu’un ?
Le contexte du second tour est aussi important. Les résultats du premier tour ont montré un rapport de force serré, notamment avec la présence de La France insoumise. Dans ce type de situation, certains rapprochements peuvent être vus comme une manière de faire bloc face à un adversaire. Sans que cela soit officiellement dit, certains pourraient interpréter cette alliance comme une stratégie pour éviter une autre victoire. Mais là encore, cela amène une question simple : cette union se fait-elle pour construire quelque chose, ou surtout pour empêcher quelqu’un ?
Et les électeurs dans tout ça ?
Au final, la vraie question concerne les électeurs. Les personnes qui ont voté pour « Union populaire Vénissieux » pensaient elles voter pour une liste indépendante jusqu’au bout ? Ou pour une liste susceptible de rejoindre la majorité en place ? Sans explication claire, cela peut créer de l’incompréhension.
Il ne s’agit pas ici de juger, mais de comprendre. Les alliances politiques font partie du jeu démocratique. Mais pour être bien acceptées, elles doivent être claires, expliquées et cohérentes. Aujourd’hui, ce rapprochement soulève surtout des questions. Et dans une période où beaucoup de citoyens se méfient de la politique, ces questions méritent des réponses simples et transparentes.

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