En mars 2022, la maire communiste de Vénissieux, Michèle Picard, avait déclaré lors d’un conseil municipal, ne pas vouloir répondre aux sollicitations de LyonMag : « Je ne parle pas à LyonMag. » Message clair, ligne assumée.
Trois ans plus tard, changement d’ambiance : Pierre-Alain Millet (PAM), 14ème adjoint au logement, au développement durable et au grand projet de ville et conseiller métropolitain s’est installé sur le plateau du média local pour une interview très politique. Boycott sélectif ou realpolitik assumée ? À chacun son interprétation.
Mars 2026 déjà dans toutes les têtes
En cette période d’élections métropolitaines et municipales, l’entretien portait sur plusieurs sujets d’actualité, avant que la discussion ne glisse, en fin d’interview, vers le thème qui retient notre attention : les prochaines élections municipales à Vénissieux.
Et là, le décor se fissure. L’union de la gauche, que Michèle Picard a appelé de ses vœux dès l’annonce de sa candidature, n’a plus l’évidence d’hier puisque le député candidat Idir Boumertit a choisi de ne pas s’inscrire, à ce stade, dans cette stratégie unitaire. Un choix qui en dit long sur les tensions en coulisses. Interrogé sur cette division, Pierre-Alain Millet a tenté de relativiser :
« On verra bien, c’est le 1er tour qui le décide. La division est momentanée, c’est un choix tactique national de Mélenchon qui correspond à une stratégie politique. »
Traduction : la décision ne serait pas locale, mais dictée par la ligne de Jean-Luc Mélenchon et de La France insoumise. Une manière élégante de renvoyer la responsabilité à Paris — tout en rappelant que Vénissieux reste un terrain stratégique pour les équilibres à gauche.
Rappels historiques et piques idéologiques
L’adjoint communiste a également tenu à rappeler les combats communs :
« Avec Idir et La France insoumise, on travaille ensemble depuis longtemps. On a mené deux batailles difficiles contre les socialistes devenus macronistes en 2014 et 2020. Idir doit bien se rappeler. »
Sous-entendu : la mémoire des luttes devrait inspirer davantage de discipline collective.
Plus mordant encore, l’adjoint a évoqué « derrière Mélenchon, le parti trotskiste, que j’ai bien connu ». Une sortie qui sonne comme un rappel idéologique appuyé — et qui ne devrait pas passer inaperçue chez les insoumis locaux.
Union au second tour ? Brouillard stratégique
Sur la question cruciale du second tour, et concernant une éventuelle union, le flou demeure.
« Il faudrait lui poser la question », a lancé Pierre-Alain Millet, estimant qu’Idir Boumertit « semble dire le contraire concernant une union pour le second tour ».
En clair : chacun avance ses pions, sans verrouiller publiquement la suite. Stratégie de pression ? Positionnement préventif ? Ou simple démonstration que l’union proclamée n’est plus une évidence automatique ?
Un symbole qui en dit long
Au-delà des déclarations, l’image reste forte : un membre éminent de la majorité Picard répondant aux questions d’un média que la maire avait publiquement écarté. Faut-il y voir une évolution, un pragmatisme politique à l’approche d’une échéance électorale majeure, ou une simple parenthèse ?
À Vénissieux, une chose est sûre : derrière les appels à l’unité, la bataille pour le leadership à gauche a déjà commencé. Et elle se joue autant sur les médias que dans les réunions d’appareil.

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