À Vénissieux, le résultat du premier tour des municipales est clair. Mais il ne dit pas tout. Car le vrai chiffre à retenir, ce n’est pas seulement qui arrive en tête. C’est surtout celui-ci : à peine 37 % des habitants sont allés voter. Autrement dit, près de deux personnes sur trois ne se sont pas déplacées. Et ça change tout.
Quand on regarde les résultats bureau par bureau, le constat est encore plus frappant. Dans certains quartiers, seulement 1 électeur sur 5 a voté. Dans la majorité des cas, on tourne autour de 30 à 40 %. Même dans les bureaux les plus mobilisés, un électeur sur deux manque à l’appel. Difficile, dans ces conditions, de parler d’un véritable choix collectif.
Oui, Michèle Picard arrive en tête. Mais il faut le dire simplement : elle gagne aussi dans un contexte où une grande partie de la population ne participe pas. Ce n’est pas seulement une question de soutien, c’est aussi une question d’absence en face. Et c’est là que le sujet devient plus dérangeant.
À Vénissieux, beaucoup de gens critiquent la situation de la ville. Sur les réseaux, dans les discussions, les reproches sont nombreux. Mais au moment de voter, la majorité reste chez elle.
On ne peut pas ignorer cette contradiction.
Ne pas voter, ce n’est pas neutre.
👉 C’est laisser les autres décider à sa place.
👉 C’est accepter que rien ne change.
Dit autrement : ceux qui s’abstiennent participent, malgré eux, à maintenir la gestion politique en place.
Dans ce contexte, la progression de la liste Kessi mérite aussi attention dont la liste à fait un peu plus de 6% et qui lui permet de faire une fusion avec une autre liste. Mais on voit clairement qu’une partie des électeurs cherche autre chose, une alternative, une rupture. Mais cette poussée a un effet inattendu : elle semble avoir pris davantage de voix du côté de la gauche contestataire, notamment proche de LFI, plutôt que du côté du socle communiste. Résultat, l’opposition se disperse. Et pendant que les voix se divisent, l’abstention, elle, reste massive. C’est sans doute ça, la vraie clé de cette élection.
Le second tour va maintenant se jouer avec plusieurs inconnues : des alliances possibles, des stratégies à définir, et le rôle que jouera la liste Kessi. Mais au fond, la question la plus importante est simple : est-ce que ceux qui ne sont pas allés voter au premier tour vont changer d’avis ? Parce que sinon, il ne faudra pas s’étonner du résultat.
À Vénissieux, aujourd’hui, le problème n’est pas seulement politique. Il est aussi citoyen.
Et tant que cette réalité ne change pas, et ceux qui ne votent pas continueront, sans le vouloir, à décider du résultat.
Résultats par bureau de vote → Resultats_electoraux_Municipales-venissieux-2026_premiertour

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