Élections municipales 2026 : Vénissieux Plurielle présente son programme, le débat reste à venir

À Vénissieux, la campagne des élections municipales de mars 2026 commence à prendre forme avec la diffusion du document de campagne 2026-2032 de la liste Vénissieux Plurielle. En le publiant, avant les autres candidats, la liste VénissieuxPlurielle, prend les devants et est, à ce stade, la première à poser publiquement les bases de sa vision pour la ville, alors que les autres candidats n’ont pas encore dévoilé leur programme. Mme Picard candidate PCF et maire de Vénissieux, se contente à ce jour de publier sur les réseaux sociaux les engagements pris lors de la mandature actuelle. LFI, reste pour l’instant discret sur son programme pour Vénissieux.

Le document distribué veut être posé et rassembleur. Selon le médecin candidat, il revendique un travail issu de rencontres et d’échanges avec les habitants. Mais à la lecture, il s’inscrit aussi dans une mécanique bien connue des campagnes municipales, où les intentions affichées et les promesses structurantes cherchent avant tout à capter l’attention de l’électorat. Un exercice légitime en soi, mais qui appelle à être analysé avec recul.

Une personnalisation assumée du projet

Pour Pascal Dureau, ancien opposant et médecin mettant en avant ses 36 années d’exercice à Vénissieux, l’engagement politique est présenté comme la continuité naturelle d’un engagement humain de terrain, selon une logique implicite : « après avoir pris soin des habitants, il s’agirait désormais de prendre soin de la ville ». Toutefois, une question classique demeure : si l’expérience personnelle est indéniable et si le projet peut paraître très intéressant sur le papier, elle ne suffit pas à elle seule à structurer un projet politique capable de convaincre les électeurs et de les inciter à se rendre aux urnes.

Un programme attendu, sans réelle surprise

Sur le fond, les sept grands axes développés – gouvernance et conseils de quartier, sécurité, santé et social, économie et emploi, logement, jeunesse, sport et culture – reprennent les piliers traditionnels de toute campagne municipale. Les ambitions affichées sont claires : une ville plus sécurisée, plus solidaire, plus attractive. Toutefois, comme souvent dans ce type de programme, les contraintes financières, institutionnelles et métropolitaines restent largement en arrière-plan. Reste à savoir si la tête de liste aux municipales 2026 sera aussi tête de liste pour la Métropole pour mettre en oeuvre son projet pour Vénissieux, car à ce jour, selon le candidat, rien n’a encore été décidé, malgré l’apparition en vidéo de M Aulas, lors de la présentation des voeux à la salle Joliot Curie du 15 janvier 2026.

La gouvernance

La participation citoyenne occupe une place centrale dans le programme, qui entend repenser totalement les conseils de quartier : leurs présidents seront désormais des habitants, et non plus des élus comme c’est le cas aujourd’hui.

Cette liste se présente ainsi comme une liste composée de citoyens engagés, dont beaucoup se revendiquent non professionnels de la politique, réunis par une inquiétude commune quant à l’avenir de la ville. Pascal Dureau va jusqu’à affirmer que les futurs adjoints devront être présents deux jours et demi par semaine en mairie pour travailler sur leurs dossiers, une exigence qui peut toutefois apparaître comme le minimum syndical attendu pour de telles fonctions.

Un registre émotionnel au détriment du débat

Le document assume un ton volontairement émotionnel. Les formules répétées – « je veux que… », « permettre à nos enfants de rêver », « rendez-vous avec l’histoire » – visent davantage à susciter l’adhésion qu’à ouvrir un débat politique approfondi. Sur le plan communicationnel, cette approche semble, à la première lecture, efficace. 

Une campagne encore incomplète pour les électeurs

Il convient aussi de rappeler que les électeurs vénissians auront sans doute du mal à se prononcer tant que les autres candidats n’auront pas, eux aussi, rendu publics leurs programmes. Une élection municipale se joue avant tout dans la comparaison des visions, des équipes et des propositions. À ce stade, le débat reste partiel. Concernant la gauche, et notamment La France insoumise, il est possible d’estimer – sans trop se tromper – que les orientations de fond s’inscriront dans une continuité idéologique proche de celle de leurs anciens alliés communistes. Pour autant, il serait prématuré de tirer des conclusions définitives avant la présentation officielle de leurs projets. Ne mettons pas la charrue avant les bœufs.

Une entrée en campagne maîtrisée, mais sans rupture marquante

En définitive, le document de Vénissieux Plurielle affiche des orientations claires et des choix assumés, tout en se démarquant de la majorité municipale actuelle (PCF, LFI, EELV, PS). Il remplit ainsi l’un des objectifs classiques d’un début de campagne : poser un cadre et installer un candidat dans le débat local. Mais à Vénissieux, les électeurs ne manquent ni de promesses ni de discours bien écrits. La vraie question reste donc celle de la crédibilité : comment ces engagements se traduiront-ils concrètement, avec quels moyens et selon quel calendrier ?  C’est sur ces réponses, bien plus que sur les intentions affichées, que les électeurs jugeront la solidité du projet et décideront s’il mérite leur confiance.

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