Dans une interview au Progrès, Michèle Picard affirme que « toutes les forces de gauche, hormis LFI, sont aujourd’hui rassemblées autour de [sa] candidature ». Une phrase forte, censée montrer une majorité solide et unie. Mais quand on regarde la réalité politique à Vénissieux, cette affirmation ne résiste pas longtemps.
La majorité municipale se présente comme une majorité de gauche, avec des élus écologistes. Or aujourd’hui, ces mêmes élus écologistes sont divisés : certains soutiennent la maire sortante, d’autres ont choisi de rejoindre la liste d’Idir Boumertit (LFI), tête de liste pour les élections municipales 2026. Ce ne sont pas des rumeurs, mais des faits.
Dès lors, une question simple se pose, et beaucoup d’habitants se la posent déjà : comment peut-on dire que « les forces de gauche sont rassemblées » quand une partie de sa propre majorité part sur une autre liste de gauche au premier tour ?
L’écologie politique fait partie de la gauche. L’ignorer quand elle se divise permet d’afficher une unité de façade, mais pas de dire la vérité aux électeurs.
En vérité, pour les élections de mars 2026, l’union de la gauche n’existe pas au premier tour. Il y aura plusieurs listes se réclamant de la gauche, issues parfois de la même majorité municipale. Cette division affaiblit le discours de rassemblement et brouille le message envoyé aux électeurs.
Pire encore, cette fragmentation pourrait profiter à d’autres candidats. Pendant que la gauche se divise et se dispute ses anciens alliés, les listes de M. Pascal Dureau et de M. Quentin Taieb (UDR – RN) avancent dans un paysage politique éclaté, avec un électorat déboussolé par des discours qui ne correspondent pas aux faits.
Affirmer que « toutes les forces de gauche sont rassemblées » n’est donc pas seulement exagéré, c’est trompeur. Les habitants de Vénissieux méritent de la clarté. La gauche locale est divisée, y compris au sein de la majorité sortante, et faire comme si ce n’était pas le cas ne renforce ni la confiance ni le débat démocratique.
En politique, on peut défendre un projet, une vision, un bilan. Mais on ne peut pas réécrire la réalité. Et à Vénissieux, la réalité est claire : la gauche n’est à notre avis pas unie au premier tour.

Soyez le premier à commenter