Il y a des votes dont on se souvient plus que d’autres. Celui sur la gratuité – même partielle – des parkings des hôpitaux publics en fait clairement partie. Pas seulement pour le contenu du texte, mais aussi pour ce qu’il révèle du comportement de certains élus à l’Assemblée nationale.
La mesure, attendue par beaucoup de Français, concerne directement le quotidien des patients, de leurs proches et des personnels hospitaliers. Qui n’a jamais râlé en sortant d’un hôpital après avoir payé plusieurs euros pour quelques heures de visite, parfois dans un moment déjà lourd émotionnellement ? Dans certains établissements, les tarifs atteignent des prix assez élevés.
Le texte adopté en première lecture le jeudi 29 janvier, prévoit la gratuité du parking pour les patients, et les deux premières heures gratuites pour les visiteurs. Ce n’est pas la révolution, beaucoup d’associations le disent clairement, mais c’est un premier pas. Un geste symbolique aussi, dans un contexte où chaque euro compte, surtout quand la maladie s’invite dans une famille.
Et pourtant.
Une Assemblée presque vide
Sur 577 députés, seuls 73 étaient présents dans l’hémicycle. Moins d’un dixième. Pour un sujet qui touche directement le portefeuille des Français, et plus encore celui des plus fragiles, le contraste est saisissant. On parle ici de l’accès à l’hôpital public, pas d’un amendement technique perdu dans une niche parlementaire.

Cliquer sur le lien → Analyse du scrutin n°5258 de la 17e législature du 29 janvier 2026 (Scrutin public n°5254 sur l’ensemble de la proposition de loi visant à garantir la gratuité des parkings des hôpitaux publics pour les patients, les visiteurs et les personnels sur leur temps de travail (première lecture).
Cette quasi-absence pose question. Elle donne le sentiment que ce sujet, pourtant très concret, n’a pas mobilisé les élus comme il aurait dû. Et cela alimente, encore une fois, le fossé entre citoyens et représentants.
L’abstention de LFI, incompréhensible pour beaucoup
Mais ce qui étonne le plus, c’est l’attitude de La France insoumise. Ls 16 députés LFI présent pour ce vote ont choisi l’abstention sur ce texte. Une position difficile à comprendre pour un mouvement qui se revendique comme défenseur du pouvoir d’achat et des services publics. S’abstenir, ce n’est pas voter contre, certes, mais ce n’est pas non plus soutenir une mesure qui soulage, même imparfaitement, des patients et des familles déjà éprouvés. Dans les faits, cela revient à rester sur le bord du chemin, à un moment où beaucoup attendaient un signal clair.
Dans ce contexte, l’absence de Idir Boumertit, député de la 14ᵉ circonscription du Rhône est assez surprenante. Il n’a pas participé au vote. Et même s’il avait été présent, il est permis de penser qu’il aurait suivi la ligne de son groupe, en s’abstenant lui aussi. Là encore, le message adressé aux électeurs interpelle. En pleine période électorale, alors qu’il se présente comme tête de liste pour les municipales de 2026 à Vénissieux, cette absence risque de ne pas être appréciée par les électeurs.
Un vote imparfait, mais nécessaire
Oui, le texte a ses limites. La restriction des deux heures gratuites pour les visiteurs est jugée insuffisante par de nombreuses associations, notamment pour les parents d’enfants hospitalisés sur de longues durées. Oui, les hôpitaux s’inquiètent des abus possibles et des conséquences financières, notamment lorsqu’ils doivent indemniser des sociétés privées qui gèrent les parkings. Mais fallait-il pour autant rester en retrait ? Dans une période où l’hôpital public souffre déjà d’un manque de moyens criant, où les Français ont le sentiment de payer toujours plus pour des services essentiels, ce vote avait une forte portée symbolique. L’abstention de LFI, ajoutée à l’absence massive de députés, laisse un goût amer. Celui d’un rendez-vous manqué avec la réalité du terrain.
Et pour beaucoup de citoyens, une question simple demeure : si même sur un sujet aussi concret, aussi quotidien, leurs représentants ne se mobilisent pas clairement, quand le feront-ils ?

Soyez le premier à commenter