Vénissieux : le maire riposte face à des attaques jugées racistes

Dans un publication FaceBook en date du 26 mars, Idir Boumertit, nouveau maire de Vénissieux dénonce des publications qu’il qualifie de racistes et discriminatoires, qui pourraient aboutir à des actions judiciaires, alors que des recours électoraux se profilent par ailleurs.

La victoire est fraîche, mais il semblerait que les plaies de la défaite saignent encore du côté de certains perdants. À Vénissieux, l’élection municipale avait à peine rendu son verdict que des publications polémiques ont commencé à circuler sur Facebook — au point de pousser le nouveau maire à monter publiquement au créneau.

Des publications Facebook qui font polémique

Selon la page FaceBook de Idir Boumertit du maire de Vénissieux, un ancien adjoint à la sécurité sous la précédente mandature et candidat sur la liste concurrente de Michèle Picard, a publié sur son compte Facebook deux messages qui ont retenu l’attention du maire LFI.

Dans un des messages, il publie une photo du trombinoscope municipal 2020-2026, qu’il présente lui-même comme « le mur des traîtres de la mairie de Vénissieux », avec plusieurs visages d’élus entourés. La référence revendiquée au « mur des cons » du Syndicat de la magistrature est explicite dans le texte de la publication.

Le nouveau maire prend la parole

C’est dans ce contexte que le nouveau maire a publié une longue déclaration sur sa page Facebook. Il y commence par remercier la députée Clémence Guetté pour avoir publiquement dénoncé les propos racistes et discriminatoires dont lui-même et d’autres élus républicains ont fait l’objet sur les réseaux sociaux, notamment selon ses termes de la part de la « fachosphère ». Il pointe également ce qu’il considère comme un acharnement médiatique et politique : « Certains médias et élus très orientés ont fait de la LFI le punching-ball, le croquemitaine dont ils ont besoin pour exister. » Avant de dénoncer ce qu’il qualifie, dans ses propres mots, d’actes délictueux à caractère raciste et discriminatoire.

Leurs propos sont non seulement racistes, mais constituent des délits. C’est pourquoi notre mouvement les recense et les documente afin de conduire des démarches judiciaires. (Idir Boumertit, déclaration publique sur Facebook). Il annonce que son mouvement documente ces publications en vue d’éventuelles poursuites judiciaires. Il affirme également, dans ce même texte, qu’un ex élu de la majorité aurait poursuivi une activité de propagande politique après la clôture officielle de la campagne électorale — une affirmation que nous rapportons telle quelle, sans avoir pu en vérifier indépendamment tous les éléments.

André Gerin également visé par le maire

Dans sa déclaration, le nouveau maire s’en prend également à André Gerin, ancien député maire. Selon le post de M Boumertit, Gerin aurait tenu des propos « discriminatoires et mensongers » en réduisant des élus à leurs origines réelles ou supposées et en associant leur religion présumée au fondamentalisme. Selon le Poste FaceBoo, une action judiciaire pourrait également être envisagée à son encontre.

Des recours électoraux en cascade

Sur le plan juridique, la situation reste tendue au-delà de ces échanges. Un premier recours contre les résultats de l’élection municipale a déjà été déposé, et selon nos informations, deux autres seraient en cours de préparation. Le scrutin avait été serré, ce qui n’est pas rare dans ce type d’élection. Le nouveau maire, dans sa déclaration, souligne que l’organisation du vote par les services municipaux a été, selon lui, « remarquable, honnête et neutre », et salue le contrôle exercé par les services préfectoraux.

Une légitimité revendiquée avec fermeté

Le maire conclut son texte en revendiquant sans ambiguïté la légitimité de son élection : « Vénissians et Français, nous le sommes et nous le revendiquons. Élus légitimes issus du suffrage universel, nous le sommes. » Il réaffirme parallèlement le rejet de toute violence, physique ou verbale, de la part de son camp.

Cette séquence illustre une réalité récurrente de la vie politique locale : la défaite est parfois plus difficile à digérer que la victoire ne l’est à célébrer. Lorsque la frontière entre opposition légitime et attaques personnelles est franchie, c’est aux institutions — et in fine aux tribunaux — de trancher.

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