Voitures tampons : Idir Boumertit hausse le ton

Cela fait maintenant trois semaines que des carcasses de voitures calcinées traînent dans le secteur Jean Cagne, à Vénissieux. Trois semaines, en pleine canicule, que les riverains vivent avec ce spectacle sous leurs fenêtres. Sur les réseaux sociaux, les habitants ne décolèrent pas, et cette fois, le député-maire a décidé de leur répondre publiquement.

Dans un post Facebook, l’élu ne mâche pas ses mots : la situation est, selon lui, tout simplement inacceptable. Il rappelle que la Ville mène par ailleurs un plan propreté ambitieux, mais que cette volonté se heurte à un obstacle réglementaire de taille. Lorsqu’un véhicule incendié se trouve sur un terrain qui n’est pas public, la loi peut interdire toute intervention avant cinq à six semaines. Un délai que le maire juge intenable pour les habitants, qui doivent vivre au quotidien avec ce cadre de vie dégradé.

 

« Je refuse de me résigner »

Face à cette situation, l’élu affirme sa volonté de ne pas attendre. Sur le domaine public, dit-il, les services municipaux interviennent déjà sans délai. Pour le secteur Jean Cagne, où les véhicules se trouvent sur des espaces privés mais fréquentés comme s’ils étaient publics, il annonce prendre lui-même la responsabilité d’ordonner leur enlèvement immédiat, quitte à devoir s’en expliquer devant le tribunal administratif. Une décision qu’il assume pleinement, en rappelant qu’un élu se doit de connaître la loi, mais aussi d’agir pour ses administrés.

Deux actions annoncées

Au-delà de cette intervention locale, le député-maire annonce deux démarches à plus grande échelle :

  • une interpellation du ministre de l’Intérieur, dès aujourd’hui, pour réclamer une réforme urgente de la réglementation sur les véhicules dits « tampons » ;
  • le dépôt, à la rentrée, d’une proposition de loi en tant que député de la 14e circonscription du Rhône, afin de raccourcir nettement les délais d’intervention et de revoir plus largement les règles applicables.

Pour l’élu, ce combat dépasse le seul cas de Vénissieux. Il estime que les habitants des villes populaires méritent, comme partout ailleurs, de vivre dans un cadre digne, sans avoir à subir la présence de carcasses de voitures brûlées au pied de chez eux.

Reste à voir comment cette prise de position, à la fois locale et nationale, sera reçue par les services de l’État, et si elle débouchera effectivement sur un contentieux administratif.

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