Vénissieux : pourquoi Michèle Picard reparle de sécurité ?

La page Facebook « Michèle Picard 2026 » est toujours là. Les municipales sont pourtant terminées depuis mars, et c’est Idir Boumertit qui est maire aujourd’hui. Mais l’ex-édile communiste continue de publier. Son dernier post sur les réseaux sociaux, une vidéo sur la sécurité. Un sujet qui ne laisse jamais les Vénissians indifférents.

Ce qu’on voit dans la vidéo

Rien de compliqué : Michèle Picard marche dans un parc, en pleine conversation, et des sous-titres défilent à l’écran pour qu’on comprenne le message même sans le son. Elle admet que la situation a changé, que l’insécurité est, dit-elle, « catastrophique ». Mais très vite, elle explique pourquoi, selon elle : pas assez de policiers, encore en dessous du niveau de 2005, trop de postes non pourvus. Elle enchaîne sur la justice, sur les douanes, mêmes manques de moyens humains. Un mot sur la prévention, et la vidéo se termine sur un carton rose vif : « Retrouvons-nous ! », avec un portrait stylisé d’elle en dessous. Une façon de dire : suivez-moi, même hors mairie.

Pris isolément, ce discours n’a rien de choquant. Une élue qui pointe le manque de moyens régaliens, c’est un classique, tenu par des maires de tous bords, confrontés à des commissariats sous-effectifs. Rien de spécial, à première vue.

Le vrai problème, c’est le moment choisi

Sauf que le contexte change tout. Michèle Picard n’est plus maire. Elle a perdu de 25 voix face à Idir Boumertit le 22 mars, et ça a mis fin à 90 ans de gestion communiste à Vénissieux. Mais elle n’a rien lâché pour autant. Dès le 1ᵉʳ avril, sa liste « Unir, Résister, Agir » dépose un recours au tribunal administratif de Lyon pour faire annuler l’élection. Début juillet, elle en détaille les arguments publiquement, avec son avocat. Elle-même le dit : l’annulation est « fortement possible ». Le jugement est attendu à l’automne. Et en attendant ? Réunions de quartier, porte-à-porte… son équipe est déjà sur le pied de guerre, presque comme en pleine campagne.

C’est dans ce climat-là qu’arrive la vidéo sur la sécurité. Et l’angle choisi interpelle : c’est la faute de l’État, pas de la gestion municipale qu’elle a assurée pendant quinze ans. Manque de policiers, de juges, de douaniers : tout vient d’en haut. Un moyen bien pratique de rester la porte-parole des inquiétudes locales, sans jamais avoir à répondre de son propre bilan sur ce sujet précis. Et ça tombe pile au moment où elle espère récupérer son fauteuil.

Calcul politique, ou simple continuité ?

On peut y voir un coup de communication assez classique : rester visible pendant que la justice tranche, surfer sur un thème qui parle à tout le monde, et faire porter le chapeau à un adversaire tout trouvé — l’État, ses coupes, ses postes vacants. Rien de très original, d’ailleurs : beaucoup d’élus locaux, quelle que soit leur étiquette, jouent cette carte-là.

Mais l’ex maire communiste voit les choses autrement : la sécurité, elle en a toujours fait un combat, y compris pendant son mandat. Cette vidéo ne serait alors qu’une suite logique, sans lien avec le calendrier du tribunal. Une élue qui continue de défendre sa ville, mandat ou pas, en attendant de savoir si elle va la retrouver.

Une chose est sûre : la coïncidence entre ce message et la procédure en cours va forcément faire parler. À Vénissieux, la bataille de la mairie ne s’est pas arrêtée le soir du second tour. Elle continue, aussi, sur les réseaux sociaux.

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