Vénissieux : le recours électoral ravive le duel entre LFI et le PCF

Les conclusions du rapporteur public, favorable à l’annulation des élections municipales de Vénissieux, ont immédiatement provoqué des réactions politiques nationales et locales, ce qui ne va pas rendre les échanges entre la majorité LFI et l’ancienne majorité communiste particulièrement vifs.

Idir Boumertit (LFI) conteste que l’idée que sa liste puisse être sanctionnée pour des faits dont elle n’est pas responsable. Le maire rappelle que les problèmes d’inscriptions électorales concernant certains candidats, étaient, selon lui, connus avant le scrutin par les différents acteurs concernés. Il souligne aussi que Michèle Picard, alors candidate, n’avait pas contesté le résultat après le premier tour, lorsqu’elle était arrivée en tête. Pour le maire LFI ce n’est qu’après sa défaite au second tour que ces irrégularités sont devenus un motif de recours contre l’ensemble de l’élection.

L’élu de Vénissieux, met aussi, en cause l’utilisation de documents administratifs internes à la mairie dans le recours. Une plainte aurait été déposée sur les conditions dans lesquelles ces documents ont obtenus et saisis.

Lotfi Benkhélifa adjoint aux Sports ressort le dossier de 2014

L’adjoint aux sports de la majorité actuelle, choisit, lui de ramener le débat à l’élection municipale de 201, elle aussi annulée par la justice. Il répond qu’à l’époque, Michèle Picard, dénonçait avec force l’annulation du scrutin, parlant notamment d’un « déni de démocratie » et demandant que « le vote des Vénissians soit respecté ». uze plus tard, souligne t-il, c’est cette même Michèle Picard qui demande désormais l’annulation d’une élection qu’elle a perdue. Pour l’adjoint le contraste est évident et traduit un véritable revirement politique.

Il estime par ailleurs que la liste d’Idir Boumertit n’a commis aucune faute et qu’elle ne devrait donc ne pas avoir à subir les conséquences d’éventuelles irrégularités commises par une autre liste. Mais juridiquement la réaction de M Benkhelifa n’est pas nécessairement suffisante car en matière électorale, le raisonnement n’est pas forcément : « celui qui a triché doit être sanctionné, pas les autres ». Le juge peut annuler toute une élection même si la liste arrivée en tête n’a commis aucune fraude, lorsque les irrégularités d’une autre liste ont pu affecter la sincérité du scrutin ou le résultat.

Les communistes défendent leur recours

La réaction des communiste n’a pas tardé à venir, notamment, par un poste de l’ex adjoint au logement, M Millet, qui se félicite des conclusions du rapporteure publique, et lui aussi, pour répondre au maire et à son adjoint, car selon l’ex élu communiste, Vénissieux se retrouve une nouvelle fois confrontée à des irrégularités liées à liste d’extrême droite avec cette fois des conséquences potentielles sur le résultat du scrutin

Deux lectures totalement opposées

D’un côté LFI estime donc que son élection pourrait être annulée à cause de faits dont elle n’est pas responsable, de l’autre les communistes considèrent que les irrégularités constatées sont suffisamment sérieuses pour remettre en cause la sincérité du scrutin.

Au delà de la décision du tribunal, cette affaire pose une question politique : après avoir longtemps défendu le principe du respect du vote des vénissians, notamment lors de l’annulation des élections municipales de 2014, les colistiers de Michèle Picard demande aujourd’hui l’annulation d’une élection dont la tête de liste a perdue de seulement 25 voix.

Le PCF répond que les irrégularités relevées sont suffisamment sérieuses pour justifier cette démarche, LFI de son côté considère, c’est sa majorité gagnée par les urnes qui risque de payer les agissements dont elle n’est pas responsable

C’est désormais au tribunal et non aux déclarations des uns et des autres d’apporter la réponse

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