Elections municipales mars 2026 : Colistiers : engagement ou opportunisme ?

Il y a des moments où il faut arrêter de faire semblant. Les élections municipales approchent, les listes se montent… et le spectacle devient parfois, franchement indigeste.

À Vénissieux, comme ailleurs, on découvre des listes où se côtoient tout et son contraire. Et surtout, on voit apparaître des colistiers qui, hier encore, critiquaient ouvertement la gestion de la majorité actuelle, pour finalement rejoindre aujourd’hui l’une des listes issues de cette même majorité pourtant profondément divisée. Alors là, une question simple se pose : qu’est-ce qui a changé ? Les convictions ? La vision pour la ville ? Ou simplement l’intérêt personnel ?

Parce qu’il faut arrêter l’hypocrisie. Quand on passe, sans sourciller, de la critique à l’alignement, ce n’est plus un rassemblement politique, c’est un reniement. Comment expliquer aux habitants qu’une politique municipale qui pour certains était bonne ou mauvaise hier, mais qu’elle devient critiquable dès lors qu’une place sur une liste — voire un poste d’adjoint — se profile ?

Et parlons-en, justement. Être colistier, ce n’est pas un hobby, ni une récompense pour services rendus en période électorale. À Vénissieux, un poste de maire adjoint, ce n’est pas symbolique : il y a des responsabilités… et une indemnité non négligeable. Forcément, ça attire. Et parfois, ça fait taire les critiques les plus bruyantes.

Le plus choquant, ce n’est pas seulement ces revirements spectaculaires de certains. C’est aussi la présence, sur certaines listes, de personnes totalement inconnues de la vie municipale, qui n’ont jamais suivi un conseil municipal, jamais pris position, jamais montré le moindre intérêt pour les finances de la ville ou les choix structurants. Certaines sont même déjà élus-es, sans jamais vraiment remplir leur rôle : absents-es, silencieux-ses, invisibles, même sur les réseaux sociaux, qui pour un certains nombre d’habitant est une source d’information. Et aujourd’hui, on voudrait nous faire croire qu’elles sont prêtes à gouverner ?

Non. Poser des affiches, distribuer des tracts ou faire du porte-à-porte à la dernière minute ne fait pas de quelqu’un un maire adjoint crédible. Gouverner une ville, ce n’est pas un job saisonnier. Ça demande du travail, de la constance, une connaissance des dossiers, et surtout une vraie colonne vertébrale politique.

Une liste municipale devrait être portée par des femmes et des hommes qui connaissent leur ville, qui s’y intéressent depuis longtemps, qui osent critiquer, proposer, s’opposer quand il le faut. Pas par des profils choisis parce qu’ils ne feront pas de vagues ou parce qu’ils ont soudainement “changé d’avis”.

Les têtes de liste portent une lourde responsabilité. On ne peut pas demander la confiance des habitants tout en bricolant des listes parfois incohérentes, composées au gré des opportunités, des ambitions personnelles ou des calculs d’appareil. Une majorité divisée qui recycle ses anciens critiques ne se rassemble pas : elle se fragilise et elle trompe.

Les habitants de Vénissieux ne sont pas naïfs. Ils voient ces retournements de veste, ces silences soudains, ces engagements à géométrie variable. Et ils savent faire la différence entre un engagement sincère et une candidature de circonstance.

Les municipales, ce n’est pas un casting. C’est un choix de valeurs, de cohérence et de courage, et à force de les piétiner, certains risquent de découvrir que les électeurs, eux, n’oublient pas.

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