Municipales 2026 à Vénissieux : « franco-comoriens invitent Michèle Picard », une formule qui fait débat

Récemment, une publication sur la page Facebook Michèle Picard 2026 a retenu l’attention avec cette phrase : « Les franco-comoriens invitent la candidate Michèle Picard ».

Page FaceBook MichelePicard2026
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À première vue, rien d’extraordinaire. Une rencontre, des habitants, un échange : c’est le principe même d’une campagne électorale. Mais la formulation choisie soulève une question de communication politique qui mérite d’être examinée.

Pourquoi mentionner l’origine dans ce type d’annonce ? En France, les communications politiques font généralement référence à « des habitants », « des citoyens » ou « des Français ». L’ajout d’une origine peut, selon les sensibilités, être perçu de différentes façons : certains y verront une attention bienveillante envers une communauté locale ou la reconnaissance d’une association organisatrice ; d’autres pourront y lire une segmentation de l’électorat par origine. Les deux lectures coexistent, et aucune ne peut être exclue sans connaître le contexte exact.

Ce qui interroge également, c’est l’absence de formulations équivalentes dans d’autres contextes : on entend rarement « franco-italiens » ou « franco-espagnols » dans ce type de communication. Ce déséquilibre, qu’il soit intentionnel ou non, mérite d’être relevé et questionné.

Les photos de la réunion témoignent d’une participation nombreuse et d’un échange organisé — ce qui est en soi un signe positif de vitalité démocratique locale. Le propos ici n’est donc pas de critiquer la rencontre elle-même, mais d’analyser le choix éditorial qui en a été fait.

Une formulation comme « rencontre avec des habitants de Vénissieux » ou « avec des citoyens » aurait peut-être évité toute ambiguïté. En période électorale, les mots portent un poids particulier : ils peuvent rassembler, ou, parfois sans le vouloir, introduire des distinctions là où l’on cherchait à en faire.

Notre démarche, ici comme pour les autres candidats, est d’analyser les choix de communication — sans procès d’intention. Et ce choix-ci ouvre un débat plus large : comment s’adresser à l’ensemble des citoyens sans les réduire à une appartenance ?

La question reste ouverte.

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