En se déclarant une nouvelle fois candidate aux élections municipales de mars 2026, Michèle Picard confirme sa volonté de poursuivre un cycle politique entamé depuis de nombreuses années à la tête de Vénissieux. La présentation de sa liste, organisée à la salle Joliot-Curie, et comme pour tous les candidats, reste une étape importante
Derrière le nouveau slogan « Unir – Résister – Agir », le message est clair : préserver l’existant, maintenir la ligne politique actuelle et éviter toute remise en cause profonde du pouvoir municipal. La liste rassemble une large partie de la gauche locale, à l’exception de La France insoumise, qui a décidé de faire bande à part et de casser l’union de la gauche.
Un renouvellement affiché, un pilotage inchangé
49 colistiers, avec de nouveaux visages, mais les places clés resteront certainement occupées par des élus bien installés, déjà aux commandes de la municipalité, laissant peu de doute sur la continuité des orientations politiques et de gouvernance.
Une gauche élargie… mais sous contrôle
La diversité des sensibilités politiques présentes sur la liste donne l’image d’un large rassemblement. Un point important est toutefois à souligner : l’absence de la France insoumise. Le député de la 14ᵉ circonscription du Rhône, Idir Boumertit, a en effet choisi de s’inscrire dans la stratégie nationale du mouvement mélenchoniste, qui consiste à présenter des têtes de liste dans de nombreuses communes, quitte à rompre avec d’anciens alliés locaux.
Par ailleurs, ce pluralisme reste étroitement encadré par le Parti communiste français, qui demeure la force centrale et structurante de l’équipe. Les représentants de la société civile, largement mis en avant dans la communication, apparaissent davantage comme des soutiens que comme des acteurs disposant d’un réel poids dans les décisions à venir
On remarque même la présence d’une colistière ayant auparavant figuré sur une liste concurrente menée par M. Girard illustre cette logique d’absorption politique : plutôt que le débat ou la confrontation d’idées, la majorité sortante semble privilégier le ralliement individuel, au risque d’affaiblir l’opposition et de brouiller les clivages.
Une stratégie de continuité face à une ville en attente
Michèle Picard cherche à ancrer sa candidature dans une image de proximité, mais cette mise en scène ne répond pas aux critiques récurrentes sur le fonctionnement démocratique local, la concentration du pouvoir et l’absence de réelle alternance politique à Vénissieux.
À quelques semaines des élections, dans une ville où les attentes sociales, économiques et sécuritaires restent fortes, les vénissians devront faire un choix et la campagne électorale actuelle dira si la stratégie de rassemblement du parti communiste vénissian, suffira à convaincre, ou si elle nourrira, au contraire, une aspiration plus nette au changement.

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