Vénissieux : deux fusillades en 48 heures

Quarante-huit heures. C’est le temps qu’il aura fallu pour que le boulevard Joliot-Curie devienne le symbole d’une ville qui s’enfonce dans une spirale de violences armées. Si rien ne change structurellement, la situation risque de devenir ingérable.

📅 13 avril 2026 | Vénissieux

Le temps de publier notre article sur la fusillade de samedi 11 avril boulevard Joliot-Curie, et voilà qu’une nouvelle affaire éclate au même endroit. Dans la nuit du dimanche 12 au lundi 13 avril, peu avant 3h du matin, un homme de 27 ans a été grièvement blessé par balle au niveau du boulevard Joliot-Curie. La victime a été transportée en urgence absolue vers l’Hôpital Édouard-Herriot. Selon les informations recueillies dans la presse local, un seul individu serait à l’origine des tirs.

Un même boulevard, deux fusillades en moins de 48 heures

Le constat est brutal : le boulevard Joliot-Curie a concentré, en un seul week-end, deux épisodes de tirs distincts. Le samedi en plein après-midi, un homme avait déjà été blessé par balles, filmé par des témoins, avec quatre individus cagoulés en fuite. Quelques heures plus tard, rebelote — mais cette fois en pleine nuit, toujours dans ce même quartier. Des coups de feu avaient également été signalés dans ce même secteur dès le mois de mars.

Est-ce que ces affaires sont liées ? Les enquêteurs devront répondre à cette question. Mais pour les habitants de ce quartier, la question importe peu : ce qu’ils vivent, c’est une accumulation de violences armées dans un périmètre restreint, sur un laps de temps très court. Et cette répétition, justement, est ce qui devrait alarmer bien au-delà des cercles politiques locaux.

Une escalade qui interroge sur la capacité à reprendre la main

Comme nous l’écrivions dans notre précédent article, le nouveau maire de Vénissieux s’est attribué la délégation à la sécurité et à la tranquillité publique dès sa prise de fonctions. Une intention louable. Mais la réalité des événements de ce week-end vient rappeler avec une brutalité toute particulière les limites de ce volontarisme municipal. La police nationale ne se commande pas depuis l’hôtel de ville. Les trafics ne se démantèlent pas par décret municipal.

Ce qui se joue boulevard Joliot-Curie, c’est précisément le type de situation qui, si elle n’est pas stoppée rapidement, devient structurelle. Des règlements de comptes qui s’enchaînent, des tirs qui se répètent — et à chaque fois, la même impuissance apparente des pouvoirs publics à couper court au cycle de violence. Ce n’est pas une fatalité. Mais cela nécessite une réponse coordonnée entre la mairie, la préfecture et les services de police — une réponse qui, pour l’instant, tarde à produire des effets visibles sur le terrain.

Si la situation continue, le problème sera difficile à régler

C’est là le vrai sujet. Pas le bilan politique de tel ou tel élu, pas la répartition constitutionnelle des compétences entre l’État et les communes — même si ce débat a son utilité. Le vrai sujet, c’est qu’une ville de la taille de Vénissieux ne peut pas se permettre de laisser un axe entier de son territoire devenir une sorte de zone de non-droit perçue. Parce qu’une fois que ce sentiment s’installe durablement dans l’esprit des habitants, il est infiniment plus difficile à déraciner qu’un point de deal.

Les prochaines semaines seront révélatrices. Est-ce que les patrouilles renforcées annoncées par la préfecture après la fusillade de samedi auront un effet durable ? Est-ce que le rendez-vous annoncé entre le maire et le préfet débouchera sur des mesures concrètes ? Les habitants du boulevard Joliot-Curie, eux, n’ont plus vraiment le luxe d’attendre les réponses.


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