Tirs à Joliot-Curie : Idir Boumertit et le préfet délégué se déplacent

Vénissieux, avril 2025 — article basé sur le Reportage terrain de Lyon Mag

Micros de BFM Lyon et Lyon Mag tendus face à lui, Idir Boumertit, maire de Vénissieux récemment élu, s’est exprimé dans le quartier Joliot-Curie pour envoyer un « message fort » aux habitants. Une sortie terrain qui tranche avec les habitudes de la majorité précédente, et qui témoigne d’une volonté affichée d’être au plus près de la population.


Un maire sur le terrain : ce que son prédécesseur ne faisait pas immédiatement

C’est un changement de posture notable. Là où Michèle Picard, l’ancienne maire de Vénissieux, brillait souvent par son absence lors des crises de quartier, le nouveau maire LFI Idir Boumertit a fait le choix de se déplacer, d’être visible, d’aller à la rencontre des habitants directement sur place. Ce déplacement aux côtés du préfet délégué à la sécurité, après un entretien en mairie, illustre une approche plus réactive et plus directe.

C’était la bonne décision. Les habitants de Joliot-Curie, qui avaient multiplié les alertes et les contacts avec la municipalité, avaient besoin de voir leur maire présent, pas seulement disponible par communiqué. Cette présence terrain ne réglera pas les problèmes de fond — personne ne s’en fait l’illusion — mais elle rompt avec une forme d’indifférence institutionnelle que le quartier avait fini par intérioriser.

« Ils m’ont contacté, très inquiets. On est là aussi pour envoyer un message fort à la population, dire clairement qu’ils ne sont pas abandonnés par la municipalité, pas abandonnés par les autorités, pas abandonnés par la police républicaine. »
— Idir Boumertit, maire de Vénissieux


Sécurité : la limite du rôle municipal

Idir Boumertit a tenu à cadrer les responsabilités. Sur la question de la sécurité, le maire est clair : il s’agit d’un domaine régalien, relevant de l’État et non de la commune. La police nationale et les moyens judiciaires dépendent du ministère de l’Intérieur, pas des collectivités locales.

Cette position n’est pas sans fondement. Mais pour les habitants de Joliot-Curie, qui vivent au quotidien les tensions dans leur quartier, cette clarification institutionnelle — aussi exacte soit-elle — ne suffit pas. Ce qu’ils attendent, c’est du concret.


Ce qu’ont promis les autorités

Du côté du préfet délégué à la sécurité, la visite s’est voulue rassurante. Des forces de police supplémentaires seraient déployées dans le quartier, et ce de façon pérenne — pas seulement le temps d’une opération coup de poing, mais dans la durée. Une annonce qui répond directement aux revendications des résidents, lassés des interventions ponctuelles sans lendemain.


Entre bonne volonté et attentes concrètes

Cette séquence politique envoie un signal positif. La réactivité du nouveau maire, son dialogue avec les services de l’État, et l’engagement d’un renforcement policier durable sont des éléments encourageants. Mais les habitants de Joliot-Curie, comme dans beaucoup de quartiers populaires, ont appris à distinguer les promesses des actes.

La vraie question est désormais celle du suivi : les effectifs de police seront-ils maintenus dans la durée ? La coordination entre la municipalité et l’État se traduira-t-elle par des résultats tangibles ? Les Vénissians jugeront leurs élus par leurs actes et non par des phrases chocs.


Article rédigé à partir des déclarations d’Idir Boumertit, maire de Vénissieux, recueillies par Lyon Mag dans le quartier Joliot-Curie.

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