Réunion de Vénissieux Plurielle : des priorités affichées, des questions ouvertes

Une réunion politique organisée récemment par la liste  par la liste Vénissieux Plurielle, conduite par Pascal Dureau a rassemblé environ soixante personnes. Dans une ambiance globalement attentive, plusieurs thèmes majeurs ont été abordés, allant de la sécurité à l’éducation, en passant par le logement social et la gouvernance municipale.

Certains colistiers déjà désignés ont pris la parole, chacun intervenant selon les domaines de compétence qu’il pourrait être amené à piloter en cas de victoire. Une absence notable a cependant été relevée : celle d’Estelle Jellad, conseillère d’opposition à Vénissieux et, pourtant considérée, par la tête de liste, comme l’une des figures susceptibles d’assurer la relève dans les années à venir. L’un des colistiers a justifié cette absence par une surcharge de travail. Si cet argument peut s’entendre, il soulève néanmoins une question importante : s’engager en politique implique aussi de dégager du temps et de faire preuve de disponibilité, malgré les contraintes professionnelles ou personnelles.

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Un « guichet unique » comme engagement central

L’un des axes structurants présentés repose sur la création d’un guichet unique destiné à simplifier le traitement des problèmes du quotidien. Pour les organisateurs, la mairie actuelle refuserait de voir « la réalité des problématiques », laissant les habitants face à des démarches complexes. Cette proposition se veut pragmatique, mais elle soulève aussi une question : un guichet unique peut-il réellement résoudre des difficultés qui dépendent souvent de plusieurs échelons (ville, métropole, État) ? Le risque serait d’en faire une promesse séduisante, mais difficile à tenir sans moyens ou coordination renforcée.

Une gouvernance en trois engagements

La liste a également mis en avant trois engagements en matière de gouvernance :

  • la mise en place du guichet unique
  • la création de conseils de quartier avec une coprésidence habitante, le président élu étant un élu choisi par les habitants du quartier,
  • davantage de transparence et lors des conseils municipaux un respect affiché de l’opposition municipale.

Ces annonces traduisent une volonté de renouveler la démocratie locale. Toutefois, leur mise en œuvre concrète reste à préciser : quels moyens, quel calendrier, et quel réel pouvoir pour ces conseils de quartier ?

La sécurité, priorité affichée de la réunion

Sans surprise, la sécurité a occupé une place importante dans les échanges. Plusieurs participants ont exprimé une attente forte de réponses concrètes.

La liste propose notamment :

  • un renforcement des effectifs de police municipale, avec un objectif de 70 policiers dans un premier temps, puis 100 à terme,
  • la création d’une brigade armée et cynophile,
  • l’installation de plus de caméras de vidéosurveillance et le développement de la vidéo-verbalisation,
  • la construction d’un nouveau commissariat municipal et celui de la police nationale, en lien avec les tutelles correspondantes

Pascal Dureau a rappelé que Vénissieux compte actuellement environ 0,5 policier pour 1 000 habitants, contre 1 pour 1 000 en moyenne nationale.

Autre point politique soulevé : lors du dernier conseil municipal, le budget 2026 aurait prévu 0 % d’augmentation pour la sécurité, un choix attribué à la majorité municipale, incluant notamment La France insoumise lors du vote du budget. Reste que plusieurs intervenants ont reconnu qu’aucune transformation profonde ne pourra se faire en un seul mandat, soulignant la complexité du sujet.

Santé, éducation et services : des attentes fortes, des réponses encore floues

D’autres thèmes ont émergé au fil des questions. Sur l’éducation, un constat partagé : la mairie actuelle aurait mené un travail important sur les écoles, « on ne peut pas le nier », mais beaucoup reste à faire, notamment sur l’aide aux devoirs. Aucune proposition précise n’a toutefois été détaillée, si ce n’est une suggestion d’un habitant : réaffecter les 600 000 euros de subvention au journal local Expressions à des actions éducatives, notamment la mise en place de l’aide aux devoirs qui fait cruellement défaut sur la commune. Une idée symbolique, mais qui demanderait une analyse budgétaire approfondie.

La question de la santé a également été abordée, avec la volonté de ramener du personnel médical et de financer la création d’une école d’infirmière. L’idée d’un système de sécurité type « Shérif » (dispositifs d’alerte anti-agression, disponibles sur abonnement, à destination des établissements et professionnels de santé) pour protéger les soignants a été mentionnée.

Logement social et associations : entre audit et interrogations

Concernant la SACOVIV, bailleur social important de la ville, un audit de fonctionnement est annoncé. Les intervenants ont toutefois précisé que « tout n’est pas à changer », laissant entendre une approche plus réformiste que radicale.

Enfin, le sujet de la MJC suscite des interrogations. La création portée par une association peut paraitre comme utopique, voire « mort-née », laissant planer des doutes sur l’avenir de cette structure fermée depuis plusieurs années, mais aucune information n’a été donnée concernant le devenir de la structure « Bizarre! » mise en place par la municipalité.

Une réunion vivante… mais difficile à canaliser

Comme souvent dans ce type de rencontre, de nombreux habitants ont souhaité évoquer leurs problématiques personnelles, ce qui a rendu difficile une réponse au cas par cas. Un constat humain, mais aussi un défi politique : comment transformer des préoccupations individuelles en politiques publiques cohérentes, surtout lorsque les compétences se partagent entre plusieurs institutions ?

Une soirée marquée par des priorités claires, mais des zones d’ombre persistantes

Cette réunion aura mis en lumière des priorités fortes, en particulier sur la sécurité et la proximité avec les habitants. Les intentions affichées sont nombreuses, mais plusieurs propositions restent encore générales, et leur faisabilité dépendra largement des moyens financiers, des compétences institutionnelles et des arbitrages futurs.

Dans une ville où les attentes sont fortes, les habitants semblent surtout réclamer des réponses concrètes, durables, et réalisables.

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