Difficile de résumer en un seul article l’ensemble des propositions contenues dans le programme de la maire et candidate à sa réélection. Les habitants qui l’ont reçu dans leur boîte aux lettres le liront attentivement pour se faire leur propre opinion… ou bien il connaîtra le même sort que beaucoup d’autres documents de campagne : finir directement à la poubelle, comme ceux des autres candidats
Un carnet soigné, des promesses nombreuses… mais une question persistante : ce projet répond-il aux urgences du quotidien ?
Présenté sous la forme d’un carnet papier glacé, dense, structuré, presque luxueux, le document affiche une ambition large : sécurité, jeunesse, culture, environnement, santé.
Mais derrière la qualité de la présentation et l’accumulation de propositions, une interrogation traverse déjà la ville : ce programme est-il une réponse aux urgences du quotidien, ou une opération de communication bien maîtrisée à l’approche de 2026 ?
Un programme institutionnel, une campagne maîtrisée
Michèle Picard relance donc sa campagne non pas avec un chiffre spectaculaire comme les « 150 engagements » de 2020, mais avec un document plus sobre, plus technocratique, davantage pensé comme un projet institutionnel. Mais sur le terrain, notamment en centre-ville, beaucoup d’habitants ne parlent pas de futurs labels ou de projets culturels. Ils évoquent surtout des problèmes immédiats : insécurité persistante, incivilités, saleté, dégradation visible de l’espace public.
Éducation : des dispositifs, mais peu de réponses aux tensions locales
Le programme promet notamment :
- un comité de parents dans chaque crèche,
- des formations pour les parents élus,
- une nouvelle crèche à Monmousseau dans le cadre du renouvellement urbain,
- une reconfiguration de groupes scolaires,
- une labellisation « Ville amie des enfants » avec l’UNICEF.
Des mesures intéressantes sur le plan administratif. Mais qui donnent parfois l’impression d’un catalogue de procédures, là où certains quartiers attendent surtout des réponses concrètes face aux difficultés scolaires et aux tensions du quotidien.
Culture et sport : des projets visibles, une stratégie classique
L’accent est mis sur l’attractivité :
- gratuité totale des bibliothèques,
- réhabilitation du théâtre,
- développement de la scène hip-hop Bizarre!,
- création d’un festival annuel,
- rénovation d’équipements sportifs.
Des projets séduisants, mais qui soulèvent aussi une interrogation politique :
faut-il miser sur des vitrines culturelles quand une partie de la population réclame avant tout une ville plus propre, plus sûre, plus apaisée ?
Sécurité : des annonces chiffrées… mais une question de crédibilité
Michèle Picard affirme que « la tranquillité publique est un droit fondamental » et annonce :
- une hausse des effectifs de police municipale,
- des brigades dédiées au centre-ville,
- de la vidéoverbalisation contre les incivilités,
- une sécurité renforcée aux abords des écoles.
Dans le détail, la maire sortante prévoit une quinzaine d’agents supplémentaires, soit une augmentation d’environ un tiers, pour atteindre une cinquantaine de policiers municipaux. Elle évoque aussi des actions renforcées contre le protoxyde d’azote, ainsi que le recrutement de médiateurs chargés d’aller au contact des jeunes les plus éloignés des dispositifs existants.
Mais pour beaucoup de Vénissians, une simple question vient à leur esprit : pourquoi maintenant ?
Ces annonces interviennent dans un contexte où le sentiment d’insécurité reste très présent pour une partie des habitants, malgré une enquête municipale indiquant que 75 % des personnes sondées se disent en sécurité. Sur le terrain, beaucoup constatent que les incivilités et les trafics continuent d’occuper une place trop importante dans certains secteurs, malgré les dispositifs déjà en place.
Car malgré les plans successifs, le sentiment d’insécurité reste fort.
Santé et climat : des thèmes nouveaux, mais secondaires pour certains
Le programme développe un axe santé plus marqué. Michèle Picard propose l’ouverture d’une maison destinée aux étudiants en médecine, afin de favoriser leur installation dans un contexte de pénurie de praticiens. Enfin, face aux fortes chaleurs, la candidate annonce la création de nouveaux « îlots de fraîcheur », via la végétalisation, la présence d’eau et l’ouverture d’espaces rafraîchis dans les bâtiments publics.
Propreté : l’angle mort du quotidien
Étonnamment, alors que les habitants évoquent souvent une ville plus sale, des dépôts sauvages, un centre-ville dégradé, le programme reste flou sur la question de la propreté quotidienne. On parle de rénovation thermique, de végétalisation, de climat… mais très peu de mesures concrètes sur l’entretien urbain ou la lutte contre les nuisances visibles.
Or, pour beaucoup, la priorité n’est pas un futur projet culturel, mais simplement :
- des rues propres,
- des halls sécurisés,
- des places apaisées,
- un centre-ville respecté.
Un programme dense… mais une ville sceptique
Le programme 2026-2032 de Michèle Picard est ambitieux, bien présenté, structuré. Mais il souffre d’un défaut majeur : il donne parfois le sentiment d’être écrit loin du ressenti quotidien d’une partie croissante des habitants. À force de multiplier projets, labels, équipements et réunions, la candidate prend le risque de passer à côté d’une attente centrale :
les habitants ne demandent pas seulement des promesses pour demain, mais des changements visibles aujourd’hui.
- Un programme dense et bien présenté
- Des annonces sur la police municipale et la prévention
- Une priorité donnée à l’image culturelle et aux grands projets
- Des habitants qui attendent surtout des réponses immédiates sur la sécurité et la propreté
Article à suivre : les autres candidats sauront-ils proposer une alternative plus ancrée dans la réalité locale ?

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