Vénissieux · Municipales 2026 · Actualité locale
Un recours déposé le 1er avril, une liste de griefs restés dans le flou, et une candidate qui laisse ses colistiers parler à sa place. Bienvenue dans l’après-élection version communiste.
📌 Précision éditoriale
Rédaction · 1er avril 2026 · Source : informations recueillies sur d’autres sites (Le Progrès, LyonCapitale,…), notre blog n’ayant pas reçu le communiqué de presse
Permettez-nous de commencer par rassurer tout le monde : non, ce n’est pas un poisson d’avril. Certes, le communiqué annonçant le recours juridique de l’équipe Picard a été envoyé le 1er avril, et l’on ne peut s’empêcher de sourire devant ce calendrier pour le moins maladroit. Mais la démarche, elle, est bien réelle.
Les colistiers et soutiens de Michèle Picard, l’ex-maire communiste de Vénissieux, battue lors du second tour des municipales avec seulement 25 voix d’écart face au député LFI Idir Boumertit, ont donc officiellement déposé un recours devant le tribunal administratif de Lyon. La rumeur courait depuis des semaines dans la commune. Elle est désormais confirmée.
25 voix. Et alors ?
L’argument central tient en quelques mots : un écart aussi faible — 25 voix sur des dizaines de milliers d’électeurs — justifierait, selon les signataires, une remise en cause du scrutin. Le communiqué évoque également « des éléments de contexte et de déroulement du scrutin ayant pu influer sur les résultats ». Des éléments de contexte. Voilà qui est précis.
Car c’est bien là le problème. Ni Michèle Picard — qui selon Le Progrès, ne signe d’ailleurs pas le communiqué— ni ses colistiers n’ont daigné préciser quels sont ces fameux « éléments ». Quelles irrégularités ? Quel bureau de vote ? Quelle pression ? Mystère. On nous dit que le tribunal tranchera. Fort bien. Mais quand un recours repose sur des sous-entendus, il est permis de s’interroger sur sa solidité juridique.
« Le très faible écart de 25 voix justifie ce recours ainsi que des éléments de contexte et de déroulement du scrutin ayant pu influer sur les résultats. » Communiqué de l’équipe Picard, 1er avril 2026
Le silence gêné d’une candidate absente de son propre communiqué
L’ironie de la situation ne manque pas de saveur. Michèle Picard, interrogée quelques jours plus tôt sur l’éventualité d’un recours, avait répondu sobrement au Progrès : « Vous le saurez au moment voulu.» Ce moment voulu, c’est donc le 1er avril. Et quand il arrive, c’est… son directeur de campagne et ses colistiers qui signent. Pas elle.
Ce choix — délibéré ou non — peut sembler habile. Il peut aussi être perçu, par le camp adverse comme par les observateurs, comme le signe d’une mauvaise perdante qui préfère agir derrière un rideau plutôt qu’assumer publiquement sa démarche. Car un recours en justice, surtout lorsqu’il vise à annuler une élection, n’est pas un acte anodin. C’est une accusation voilée. Et quand on accuse sans expliquer, on prend le risque d’apparaître comme quelqu’un qui refuse le verdict des urnes.
Le parallèle avec le recours déposé par Pascal Dureau — candidat divers droite dans cette même élection — s’impose naturellement. Lui aussi avait contesté le scrutin, pour des raisons liées à la présence sur une liste d’un candidat en garde à vue pour suspicion de fraude électorale. Un motif identifiable, tangible, explicable. Là, le camp communiste nous parle de contexte sans jamais nommer ce contexte. Drôle de stratégie judiciaire.
Et si ça aboutissait ? Un coup dur pour… les Vénissians
Voilà peut-être l’angle le plus douloureux de cette affaire. Si le tribunal administratif devait annuler les élections et ordonner un nouveau scrutin, qui en paierait vraiment le prix ? Certainement pas les partis en lice, qui ont l’habitude des campagnes. Certainement pas les militants, rodés à l’exercice. Non : ce seraient les habitants de Vénissieux.
Car une annulation signifierait des mois de vide politique supplémentaires, une mairie en situation d’expédition des affaires courantes, et surtout un programme électoral — celui d’Idir Boumertit — qui ne pourrait pas commencer à être mis en œuvre. On peut penser ce qu’on veut du nouveau maire, on peut débattre de ses promesses, de sa capacité à rassembler après avoir divisé. Mais les Vénissians l’ont choisi, à 25 voix près. Et cette parenthèse judiciaire, si elle aboutit, ce sont eux qui la subiront — pas les états-majors qui jouent aux échecs depuis leurs permanences.
Pour mémoire : une ville, deux recours officiels
- Un recours d’un habitant, déposé peu après le scrutin (pas plus d’infos sur ce recours qui n’a pas été officialisé)
- Un recours de Pascal Dureau (divers droite), lié à la présence d’un candidat mis en cause pour fraude électorale
- Le recours des colistiers de Michèle Picard, officialisé ce 1er avril — pour des raisons restées floues à ce jour
La suite ? Entre les mains du tribunal
Le tribunal administratif de Lyon devra donc se prononcer sur ce recours, comme sur celui de M Dureau de la liste Vénissieux Plurielle et éventuellement d’un troisième recours. La justice tranchera. C’est la règle du jeu, et il serait malvenu de la contester — même pour ceux qui trouvent cette procédure prématurée ou mal motivée.
En attendant, on reste frappé par cette image : une élue qui dit « vous le saurez au moment voulu », qui choisit le 1er avril pour lâcher la nouvelle, et qui laisse ses colistiers porter le recours à sa place, sans expliquer ce qu’on reproche vraiment au scrutin. Pour paraphraser les communistes vénissians eux-mêmes : « Comment rassembler quand on a divisé ? » La question vaut aussi pour ceux qui contestent sans convaincre.

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