Le maire LFI de Saint-Fons refuse de désarmer ses policiers

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Élu le 22 mars 2026, Hadi Mebarki prend ses distances avec certaines positions de La France insoumise sur le maintien de l’ordre, tout en défendant une police de proximité davantage tournée vers le dialogue.

RD

Rédaction

05 avril 2026 

À Saint-Fons, commune limitrophe à Vénissieux, le nouveau maire issu des rangs de La France insoumise vient de prendre position sur un sujet qui divise au sein de son propre parti : le port d’armes létales par les agents de la police municipale. Hadi Mebarki, fraîchement élu avec 40,75 % des voix le 22 mars 2026, a annoncé sans ambiguïté qu’il ne procéderait à aucun désarmement.

« Il n’y a pas de quoi avoir peur. Je ne désarmerai pas la police municipale. »

— Hadi Mebarki, maire de Saint-Fons, au Progrès, 3 avril 2026

Une tradition d’armement vieille de plus de vingt ans

La police municipale de Saint-Fons est équipée d’armes à feu depuis 2001, soit depuis un quart de siècle. Selon le maire, les agents n’ont à ce jour jamais eu à faire usage de ces armes. Pour autant, leur présence visible dans l’espace public joue un rôle psychologique important auprès des habitants. « Les habitants sont habitués à voir nos policiers armés et ça les rassure », a-t-il justifié, à LyonCapitale, insistant sur la nécessité de ne pas briser cette continuité en début de mandat, d’autant que la police municipale aurait connu, selon lui, d’importants dysfonctionnements durant les années précédentes.

Le premier magistrat de la ville ne souhaite pas pour autant renoncer à faire évoluer les pratiques. Sa vision est celle d’une police davantage ancrée dans le tissu local : « Je veux revenir sur une police de proximité qui favorise le dialogue plutôt que la répression. » Un équilibre délicat à trouver entre maintien du sentiment de sécurité et changement de philosophie dans le rapport aux citoyens.

Les communes LFI de la métropole et l’armement

Saint-Fons
Armes létales (maintenu)
Vénissieux
Non armée (inchangé)
Vaulx-en-Velin
Position attendue

Une ligne nationale contestée en pratique

La prise de position de M Mebarki intervient dans un contexte de vif débat interne à LFI sur la question de l’armement des polices municipales. Au niveau national, le parti s’est historiquement positionné contre la généralisation des armes létales pour ces agents, considérant que cela relève d’une militarisation rampante de la sécurité locale. Cette ligne est notamment illustrée par les décisions du maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, qui a engagé un processus de désarmement dans sa commune.

Mais sur le terrain, les élus locaux semblent davantage guidés par les réalités de leur territoire que par les directives partisanes. À Saint-Fons, rompre brutalement avec une pratique de vingt-cinq ans pourrait provoquer des tensions, notamment au sein des équipes de la police municipale elle-même. La question du maintien du personnel est d’ailleurs en filigrane : plusieurs observateurs soulèvent le risque de voir des agents quitter des communes de gauche pour rejoindre des mairies de droite, jugées plus attractives en termes de conditions de travail et d’équipements.

Vaulx-en-Velin, le dernier domino

La décision de Mebarki concentre désormais les regards sur Abdelkader Lahmar, le nouveau maire insoumis de Vaulx-en-Velin. Ce dernier n’a pas encore officiellement tranché la question. Suivra-t-il la voie pragmatique de son voisin saint-fonard, ou s’alignera-t-il sur la position plus idéologique adoptée à Saint-Denis ? Sa réponse aura une portée symbolique considérable pour évaluer la cohérence de LFI à l’échelle de la métropole lyonnaise.

Pour Vénissieux, la question ne se pose pas dans les mêmes termes : la police municipale n’y a jamais été dotée d’armes létales. Aussi, lorsque le maire LFI Idir Boumertit a déclaré ne pas avoir l’intention de désarmer ses agents, la formule a pu prêter à sourire — on ne désarme pas ce qui n’est pas armé. Ce glissement sémantique illustre à lui seul les tensions rhétoriques qui entourent ce débat sensible.

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