Stationnement à Vénissieux : la galère a encore de beaux jours

Mars dernier, les Vénissians ont voté. Ils ont choisi le changement. Une nouvelle majorité municipale a pris les rênes de la ville, portée par des promesses de transparence, de proximité, d’une gestion enfin à l’écoute des habitants. Beau programme. Sauf que sur le terrain — le vrai, celui du quotidien — certains dossiers semblent n’avoir reçu aucune note de service indiquant que quelque chose avait changé.

Exemple concret, photographié, daté : un parking du centre-ville toujours cadenassé derrière des grilles de chantier, occupé par des modules préfabriqués dont personne ne juge utile d’expliquer la présence, avec un panneau d’interdiction de stationnement — mise en fourrière à la clé — indiquant une réouverture prévue en octobre 2027. Soit encore dix-sept mois de fermeture. Sans un mot d’explication officiel. Sans une réunion. Sans même un affichage réglementaire digne de ce nom.

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Un héritage assumé dans le silence

Soyons justes : ce parking était déjà fermé sous l’ancienne majorité. Personne ne reproche à la nouvelle équipe d’avoir elle-même posé ces grilles. Ce qu’on lui reproche, c’est d’avoir repris le dossier sans daigner expliquer quoi que ce soit aux habitants. Hériter d’un problème, c’est aussi hériter de l’obligation de le gérer — et de le communiquer.

Quel chantier ? Pour quel usage futur ? Quel maître d’ouvrage pilote ? Quel budget engage-t-on ? Pourquoi une durée aussi longue — jusqu’en 2027 — pour ce qui ressemble, depuis la rue, à un simple dépôt de containers ? Autant de questions qui restent sans réponse. La nouvelle municipalité n’a organisé aucune réunion de quartier, publié aucun communiqué, affiché aucun panneau de chantier informatif. Rien. Le silence comme méthode de gouvernance : voilà une continuité dont on se serait volontiers passé.

Trouver à se garer à Vénissieux : bienvenue dans l’aventure

Pour qui ne vit pas à Vénissieux, l’affaire peut sembler mineure. Pour qui y habite, y fait ses courses, y vient les jours de marché, elle est tout sauf anodine. La saturation des rues adjacentes aux jours d’affluence est un fait documenté par chaque résident. Les automobilistes tournent, les places se font rares, la tension monte. Et pendant ce temps, ce parking reste condamné, occupé à des fins indéterminées.

On nous suggérera peut-être — avec la condescendance bienveillante habituelle — de venir à pied, à vélo, ou en transports en commun. Suggestion charmante. Sauf que le week-end, les fréquences de trams et de bus à Vénissieux ne sont pas exactement celles d’une capitale européenne, et que venir à cheval, si l’idée fait sourire, ne résout pas le problème de fond. La mobilité douce est une ambition légitime. Elle ne saurait servir d’excuse à une gestion défaillante de l’espace public disponible.

La transparence : promesse de campagne, oubli de mandature ?

Ce qui irrite, au fond, ce n’est pas qu’un parking soit fermé. Les travaux font partie de la vie d’une ville. Ce qui irrite, c’est le mépris implicite que représente cette absence d’information. L’habitant qui passe devant ces grilles chaque matin n’a droit à rien : pas à une explication, pas à une date claire, pas à un interlocuteur identifié. Juste un panneau planté dans du gravier, avec deux chiffres — 13/04/26 et 13/10/27 — comme unique dialogue entre la municipalité et ses administrés.

La nouvelle majorité avait fait de la transparence un marqueur identitaire fort. L’occasion était belle, sur ce dossier précis, de montrer que les choses avaient changé. Elle ne l’a pas saisie. C’est un choix. Et les habitants s’en souviennent.

📋 Ce que la mairie devrait communiquer — et ne communique pas

  • La nature exacte des travaux ou de l’occupation : à quoi servent ces modules préfabriqués installés sur le parking ? S’agit-il d’un chantier municipal, d’une mise à disposition à un tiers, d’une base de vie de chantier pour des travaux proches ?
  • Le maître d’ouvrage : qui commande et qui finance cette opération ? La Ville ? Un opérateur privé ? Un bailleur ? La Métropole ?
  • Le budget engagé : combien coûte cette fermeture prolongée à la collectivité, directement ou indirectement ?
  • Le calendrier détaillé : octobre 2027, c’est la fin — mais quelles sont les étapes ? Que se passe-t-il concrètement d’ici là ?
  • Les mesures compensatoires : la Ville a-t-elle identifié des solutions alternatives de stationnement pour les riverains et les commerçants pendant toute cette période ?
  • Un interlocuteur : un élu, un service, un numéro, une adresse mail — quelqu’un à qui les habitants peuvent poser leurs questions. Basique. Absent.

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