À Vénissieux, pourquoi la gauche se divise-t-elle malgré des programmes proches ?

À quelques jours du premier tour des élections municipales de mars 2026, beaucoup d’habitants se posent la même question : pourquoi la gauche part-elle divisée ? Depuis des décennies, la ville est dirigée par une majorité de gauche (PCF; LFI; PS, EELV). Et pourtant durant le mandat qui s’achève, la plupart des forces aujourd’hui opposées… gouvernaient ensemble. Et voilà que deux listes principales s’affrontent pour cette élection : celle de la maire sortante Michèle Picard et celle menée par le député Idir Boumertit.

Pour de nombreux Vénissians, la situation est difficile à comprendre, alors sur les thèmes principaux, les programmes laissent pensent qu’il n’y a pas de grandes différence. À la lecture des deux programmes, un constat s’impose : sur de nombreux sujets, les orientations sont similaires. Les deux listes se réclament d’une gauche sociale, écologique et attachée aux services publics.

🟩 L’écologie : une priorité affichée

Les deux listes insistent également sur :

  • la végétalisation de la ville
  • le développement des mobilités douces
  • la rénovation énergétique des bâtiments
  • l’adaptation de la ville au changement climatique

La transition écologique est présentée comme un enjeu central dans les deux programmes.

🟦 Démocratie locale : plus de participation

Les programmes évoquent également une volonté commune de renforcer la participation citoyenne :

  • développement de conseils de quartier
  • consultations citoyennes
  • implication des habitants dans certains projets urbains

Alors pourquoi une division ?

Si les programmes apparaissent proches, la rupture semble davantage politique que programmatique. La liste de la maire sortante s’inscrit dans la continuité de la majorité municipale actuelle. La liste concurrente, portée par le député de la circonscription, se présente comme une tentative de renouvellement politique. Mais cette opposition reste difficile à lire pour certains électeurs, notamment parce que plusieurs responsables politiques de cette gauche ont longtemps travaillé ensemble.

Un paysage politique brouillé

La situation est d’autant plus complexe que certaines forces politiques se retrouvent dans les deux listes.

  • des écologistes sont présents dans chaque camp
  • on trouve même un ancien militant PS, sur la liste LFI
  • présent lors des élections municipales de 2020, certains colistiers de M Blein (macroniste) se retrouvent dans la liste LFI, ce qui semble être paradoxal

Résultat : pour beaucoup d’habitants, les repères politiques traditionnels se brouillent. Voir d’anciens colistiers d’Yves Blein (macroniste) figurer sur une liste classée à l’extrême gauche par le Conseil constitutionnel a de quoi surprendre

Une « tambouille politique » difficile à comprendre

Dans les discussions locales, une même question revient souvent : si les programmes sont si proches, pourquoi ne pas avoir tenté l’union ? Certaines personnes évoquent des divergences sur les personnes, la stratégie politique ou le renouvellement des équipes. D’autres parlent plus simplement de rivalités locales entre différentes sensibilités de la gauche.

Quoi qu’il en soit, pour une partie des Vénissians, cette division donne parfois l’impression d’une bataille interne à la gauche plutôt que d’un affrontement clair entre projets très différents.

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.