Défaite à Vénissieux : le PCF local entre bilan électoral et récit mondial

Après la perte de la mairie de Vénissieux, la section locale du PCF publie un texte qui mélange bilan électoral, attaques contre France Insoumise et références à Trump et aux guerres mondiales. Décryptage.


C’est une défaite serrée et douloureuse. Avec seulement 25 voix d’écart, la liste « Unir, Résister, Agir » conduite par Michèle Picard, maire sortante, n’a pas conservé la mairie de Vénissieux. Dans la foulée, le PCF vénissian publie un communiqué qui mérite qu’on s’y arrête — autant pour ce qu’il dit que pour ce qu’il révèle. → Le texte publié sur le site du PCF Local

Un score qui résiste, une défaite difficile à digérer

Le texte s’ouvre sur les remerciements aux 4 000 électeurs mobilisés et rend hommage à Michèle Picard. Le PCF vénissian souligne que ses 34% des exprimés, « malgré la division », restent proches des 40% obtenus en 2020 avec la gauche unie face à Yves Blein, en annonçant que l’ex maire, Michèle Picard, siégera au conseil métropolitain, mais dans l’opposition, assurant une continuité dans la représentation vénissiane.

LFI dans le viseur : une accusation à sens unique

L’essentiel du texte est ailleurs. Le PCF attribue la défaite entièrement à La France Insoumise, accusée d’avoir « décidé de la division« , d’avoir refusé tout accord dès le printemps 2025, et même refusé la fusion des listes au soir du premier tour. Le texte insinue également que certains colistiers d’Idir Boumertit, le candidat LFI élu, seraient d’anciens soutiens du député macroniste Yves Blein — une accusation sérieuse, formulée sans démonstration.

Combien d’électeurs de droite ont profité de l’aubaine offerte par la France insoumise, qui a décidé de la division sur la ville, refusant dès le printemps 2025 de nous répondre ? ( Communiqué du PCF de Vénissieux)

Ce qui frappe, c’est l’absence totale d’autocritique. Dans une élection perdue à 25 voix, imputer l’entière responsabilité à l’adversaire sans se poser aucune question sur sa propre campagne, c’est une lecture partielle — et peu convaincante.

Trump, Gaza, l’Ukraine : que font-ils ici ?

C’est le passage le plus surprenant. En plein bilan d’une élection municipale, le texte bascule vers un panorama mondial : guerres en Iran, au Proche-Orient, à Gaza, en Ukraine, et « l’impérialisme américain sous la houlette de Trump ». Le lien avec les 25 voix perdues à Vénissieux n’est jamais établi — parce qu’il n’existe pas.

Un conseil municipal gère les écoles, la voirie, le logement social et ce glissement trahit une logique de mobilisation militante plutôt qu’une analyse électorale sérieuse, et donne l’impression que le PCF peine à expliquer sa défaite par des raisons locales.

Des questions légitimes pour le nouveau maire

Le communiqué interpelle Idir Boumertit avec des questions pertinentes : «Comment rassembler quand on a divisé ? Comment faire mieux quand les moyens se réduisent et qu’il faut dire la vérité alors qu’on a beaucoup promis ?» 

En résumé — Ce communiqué semble avant tout être un message interne destiné aux militants mais aussi publié à destination du grand public, et il manque de recul. Une défaite à 25 voix résulte toujours de plusieurs facteurs croisés et les attribuer à un seul adversaire, en passant par Trump et la situation géopolitique, ne rend pas service aux 4 000 électeurs qui méritent une analyse plus rigoureuse.

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