Le député LFI de la 14ᵉ circonscription du Rhône, Idir Boumertit, a adressé un courrier officiel au Directeur académique des services de l’Éducation nationale du Rhône, Arnaud Leclerc, pour dénoncer avec virulence le plan de suppressions de classes prévu pour la rentrée de septembre 2026. Une sortie remarquée, autant pour le fond que pour la forme.
J’interpelle le Directeur Académique des Services du Rhône : 221 classes supprimées, dont plusieurs touchent ma commune de Vénissieux. ⬆️
L’État, encore une fois, sacrifie l’école publique et l’avenir de nos enfants. pic.twitter.com/FcQUdrylF3
— Idir Boumertit (@boumertitidir) March 24, 2026
221 classes supprimées : le député sonne l’alarme
Dans ce courrier à en-tête de l’Assemblée nationale, Idir Boumertit tire la sonnette d’alarme sur des chiffres qu’il qualifie d’« accablants » : 290 fermetures de classes contre seulement 69 ouvertures, soit un solde négatif de 221 classes dans le Rhône. Il dénonce une politique qu’il présente comme une « saignée massive » et une « destruction assumée du service public d’éducation », avec 94 suppressions de postes annoncées, après les 83 de l’année précédente.
L’élu pointe également le sort des élèves en situation de handicap : 13 suppressions de postes dans les structures spécialisées et établissements médico-sociaux, pour seulement 1,5 création. Seules 5 ULIS seraient créées, alors que plus de 1 000 élèves du département attendent une place adaptée.
Selon le député sur Vénissieux, la situation est particulièrement sévère : entre 29 et 31 classes supprimées pour une seule création, touchant près des trois quarts des établissements vénissians.
La baisse démographique en toile de fond
Il convient de rappeler qu’une partie des fermetures de classes s’explique aussi par un facteur structurel : la baisse démographique. Depuis plusieurs années, le nombre d’élèves dans le primaire recule en France, et le Rhône n’échappe pas à cette tendance. Moins d’élèves signifie mécaniquement moins de classes nécessaires, et les cartes scolaires s’adaptent en conséquence. Cette réalité ne retire rien à la légitimité du débat sur les moyens alloués à l’école publique, notamment dans des communes aux besoins sociaux importants comme Vénissieux, mais elle nuance la lecture strictement budgétaire et politique du phénomène.
Un courrier officiel… avec un titre anticipé
Le fond du courrier ne manquera pas de faire réagir. Mais c’est la forme qui retiendra également l’attention des observateurs. Car en bas de la lettre, sous sa signature, Idir Boumertit a apposé la mention suivante :
« Député de la 14ᵉ circonscription du Rhône, Maire de Vénissieux »
Une signature en date du 24 mars pour le moins prématurée. Et le député, rompu aux arcanes institutionnels, devrait pourtant le savoir mieux que quiconque.
Quand on brûle les étapes du protocole républicain
Mais dans le protocole, le calendrier officiel doit être respecté. À peine arrivé en tête des élections municipales, le député s’est déjà projeté dans ses futures fonctions. Dans un courrier à en-tête de l’Assemblée nationale, l’élu se présente comme « député et maire »… avant même d’avoir été officiellement élu à ce titre.
Un détail, sans doute. Car en France, le maire n’est pas désigné directement par les électeurs. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, gagner une élection municipale en tête de liste ne confère pas automatiquement le titre de maire. Ce dernier est élu par les conseillers municipaux eux-mêmes, lors du premier conseil municipal, qui se tient dans les jours suivant la proclamation des résultats. Ce vote, bien que généralement acquis d’avance pour le chef de la liste arrivée en tête, constitue une étape institutionnelle indispensable et obligatoire. Tant que ce conseil n’a pas eu lieu, la fonction de maire n’est pas officiellement occupée.
L’issue ne fait guère de doute. Le protocole, lui, appréciera sans doute un peu moins d’être ainsi devancé.
Idir Boumertit, député LFI de la 14ᵉ circonscription du Rhône, est par ailleurs tête de liste victorieuse aux élections municipales de Vénissieux. Son installation officielle comme maire interviendra lors du premier conseil municipal, conformément aux règles de la République. Mais il devra aussi céder sa place de député à sa suppléante Mme Gisèle Putoud car le cumul des mandats est interdit.

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