Municipales 2026 : LFI mise sur 100 propositions, le PCF en ligne de mire

La campagne municipale s’anime à Vénissieux. Le candidat député Idir Boumertit soutenu par La France insoumise (LFI) multiplie les prises de parole et annonce une série de rencontres avec les habitants après 19 heures. Une démarche présentée comme un choix assumé : permettre à ceux qui travaillent en journée de pouvoir échanger directement avec lui.

  • Vendredi 27 février : Esplanade Frida Kahlo (face au centre commercial Vénissy)
  • Mardi 3 mars : Quartier Max Barel – rue Max Barel
  • Vendredi 6 mars : Quartier Viviani – 36 av. Viviani
  • Mercredi 11 mars :Quartier Moulin à Vent – place Ennemond-Romand
  • Jeudi 12 mars : Esplanade Frida Kahlo (face au centre commercial Vénissy)

Sur le papier, l’intention est claire : proximité, écoute, dialogue. Le candidat affirme vouloir construire son projet au contact des Vénissians et présente un programme structuré autour de « 100 mesures concrètes ».

Un chiffre rond. Un message simple. Mais pour l’instant, beaucoup de questions restent en suspens sur le concret des propostions.

100 propositions… mais lesquelles ?

Le nombre est mis en avant dans la communication. Cent propositions pour transformer la ville. L’ambition semble affichée, mais le contenu précis de ces mesures n’a pas encore été rendu public de manière détaillée ainsi que leur coût.

Quelles priorités en matière de sécurité ? Quelle vision pour le développement économique local ? Quelle stratégie pour l’urbanisme, les écoles, la transition écologique ou les finances municipales ? À ce stade, difficile pour les électeurs de juger sur une simple communication.

Autre point d’interrogation : la liste des colistiers. En élection municipale, l’équipe compte autant que la tête de liste. Qui portera les délégations ? Quels profils, quelles compétences, quels ancrages locaux ? Là encore, la transparence est attendue.l

Une promesse de changement qui interroge

Le candidat parle de « changement ». C’est un mot fort, qui résonne dans une ville où le paysage politique est stable depuis plusieurs mandats.

Mais cette promesse soulève une question légitime : peut-on incarner une rupture lorsque l’on a participé, lors de précédentes mandatures, à la majorité communiste aujourd’hui critiquée ? Pour certains habitants, cette continuité passée rend le discours plus difficile à lire. S’agit-il d’un changement de cap réel ou d’un repositionnement politique ?

Le recours au chiffre rappelle d’ailleurs la campagne municipale de 2020, lorsque Michèle Picard (PCF) maire candidate mettait en avant un programme en « 150 propositions ». Aujourd’hui, ce sont 100 mesures qui sont annoncées par la tête de liste LFI. Une bataille des chiffres qui ne dit pas tout du contenu.

Au-delà des nombres, ce sont les orientations concrètes et la capacité à les mettre en œuvre qui pèseront dans le débat.

LFI et PCF : la fracture locale

La campagne se déroule également sur fond de tensions entre LFI et le PCF local. Deux forces historiquement proches, souvent alliées sur le terrain social et municipal, mais qui semblent désormais évoluer en ordre dispersé à Vénissieux alors lors du dernier conseil municipal de février 2026 le groupe LFI n’a pas vraiment été à contre courant de la majorité actuelle.

La division à gauche pourrait rebattre les cartes. Dans une ville où l’équilibre politique a longtemps été structuré autour du PCF, la présence d’une candidature LFI autonome marque une évolution significative. Reste une inconnue majeure : que se passera-t-il au second tour ?

En cas de dispersion des voix au premier tour, une alliance deviendrait presque incontournable pour éviter qu’une liste de droite ou d’extrême droite ne l’emporte. Mais les relations actuelles laissent planer des doutes sur la facilité d’un rapprochement.

Les électeurs, eux, pourraient se retrouver face à un scénario classique mais délicat : des adversaires d’aujourd’hui contraints de s’unir demain.

Une campagne encore à clarifier

Pour l’instant, la campagne du candidat LFI repose sur une stratégie de terrain et une promesse programmatique encore peu détaillée. Les rencontres annoncées après 19 heures permettront sans doute d’affiner le discours et de tester les attentes locales.

Dans une élection municipale, l’enjeu ne se limite pas aux slogans. Les habitants attendent des engagements concrets, chiffrés et étayés. Ils veulent savoir qui dirigera la ville, avec quelle équipe et selon quelle méthode. À ce stade, les candidats ayant déjà dévoilé leurs grandes orientations n’ont pas précisé le coût exact de leurs mesures. Or, au-delà des intentions affichées, la question du financement et de la soutenabilité budgétaire demeure essentielle pour les électeurs.

La campagne ne fait que commencer. Entre affichage du renouveau, héritage politique et possibles recompositions à gauche, les prochaines semaines devraient apporter davantage de clarté.

À Vénissieux, une chose est sûre : au-delà des 100 propositions, ce sont la cohérence et la crédibilité du projet qui feront la différence.

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.