Municipales 2026 : « Vénissieux Plurielle » fixe ses lignes rouges pour le second tour

À treize jours du premier tour des municipales du 15 mars, les états-majors locaux pensent déjà à l’après. Car si le scrutin n’a pas encore livré son verdict, tous savent qu’une chose est certaine : la victoire finale dépendra largement des dynamiques de second tour et des éventuelles fusions de listes. À Vénissieux, comme à chaque élection municipale, le même dilemme se pose : comment se feront les unions, et avec qui ?

Dans les coulisses, il est plus qu’évident que les discussions et les calculs vont bon train. L’équipe gagnante sera sans doute celle qui parviendra à construire la fusion la plus large — à condition que des passerelles politiques existent. Mais les lignes rouges commencent déjà à se dessiner publiquement.

La liste Vénissieux Plurielle a ainsi pris une position claire. Dans un communiqué diffusé cette semaine, elle « prend acte » de la décision du Conseil d’État validant pour les municipales de 2026 le classement du ministère de l’Intérieur plaçant La France insoumise dans le bloc « extrême-gauche » et l’UDR dans le bloc « extrême-droite ».

Une décision qui, selon la liste conduite par Pascal Dureau, appelle une clarification politique nette.

Vénissieux Plurielle appelle à « sortir de l’ambiguïté »

Dans son communiqué, Vénissieux Plurielle affirme qu’il n’y aura « ni ambiguïté, ni compromis, ni arrangement » avec les forces classées aux extrêmes. De fait, la liste exclut toute fusion ou accord avec la liste UDR/RN menée par Quentin Taieb.

La ligne annoncée est sans équivoque : aucune fusion, aucun accord de second tour, aucune démarche commune avec des formations classées à l’extrême-droite ou à l’extrême-gauche. La position vise donc explicitement l’UDR/RN mais aussi LFI.

En revanche, la liste ne mentionne pas les autres composantes de la gauche traditionnelle — PCF, PS ou EELV — laissant ouverte la question d’éventuelles discussions dans cet espace politique si les rapports de force le permettent.

Ce communiqué appelle explicitement les autres listes, notamment celles conduites par Michèle Picard et par M. Kessi, à clarifier leur position concernant d’éventuels accords avec LFI.

« Les électeurs ont droit à la clarté », estime la liste, considérant qu’il n’est plus possible de tenir un discours républicain tout en laissant planer le doute sur d’éventuelles alliances de second tour.

À Vénissieux, le premier tour n’a pas encore eu lieu que le débat stratégique du second tour est déjà lancé. Comme souvent en politique municipale, la campagne officielle se double d’une bataille plus discrète : celle des alliances possibles — ou impossibles.

Le scénario Dureau–Picard : hypothèse ou impensé ?

Une autre interrogation agite les observateurs : en cas de bon score de la liste Dureau au premier tour, une union avec la gauche communiste conduite par Michèle Picard serait-elle envisageable ? Rien n’est certain. D’autant que la maire sortante n’envisage peut-être même pas cette configuration à ce stade. Les déclarations publiques restent prudentes, chacun attendant le verdict des urnes avant de se positionner plus avant.

Le silence stratégique d’Idir Boumertit

Reste la liste menée par Idir Boumertit. Pour l’heure, elle demeure silencieuse sur un éventuel rapprochement — ou non — avec la liste d’union de la gauche de Michèle Picard. Là encore, tout dépendra du classement du premier tour et de la liste arrivée en tête.

Car, en réalité, tout se décidera le lendemain du 15 mars, lorsque le nom de la première liste sera connu. Les dynamiques de second tour obéissent souvent à une logique arithmétique autant que politique : seuils de maintien, rapports de force, capacité à négocier.

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