Le coup de chaud continue de bouleverser les traditions locales. Ce vendredi, le préfet du Rhône, Étienne Guyot, a signé un arrêté qui va faire grincer des dents dans pas mal de communes du département : jusqu’au 15 juillet 8h du matin, impossible de tirer un feu d’artifice, d’organiser un spectacle pyrotechnique ou de lâcher des lanternes volantes sur tout le territoire du Rhône.
La raison ? Rien de très surprenant vu la météo de ces derniers jours : Météo France classe désormais le département en risque élevé de feux de forêt. Avec la sécheresse qui s’installe et des espaces naturels, agricoles et forestiers de plus en plus fragiles, la préfecture préfère jouer la carte de la prudence plutôt que de prendre le moindre risque d’incendie.
Ceux qui espéraient quand même faire péter quelques fusées ne sont pas complètement privés : une dérogation existe. Mais elle est plutôt stricte. Il faut que la zone de tir soit installée à minimum 500 mètres de tout espace naturel, agricole ou forestier, et que l’organisateur mobilise ses propres moyens de sécurité (extincteurs, réserves d’eau, personnel dédié), en plus des équipes du SDMIS. Autant dire que ça écarte pas mal de petites communes qui n’ont pas forcément les moyens de mettre ça en place en quelques jours.
Et à Lyon, alors ?
Bonne nouvelle pour ceux qui comptaient sur le traditionnel feu d’artifice lyonnais : il est maintenu. La Ville s’était déjà exprimée ce vendredi matin sur l’organisation du spectacle du 14 juillet, avant même la publication de l’arrêté préfectoral. Contactée dans la foulée, la mairie a confirmé que l’événement respecte bien les critères fixés par la préfecture, notamment grâce à la distance suffisante avec les zones sensibles.
La municipalité met aussi en avant son dispositif de sécurité : une caserne de pompiers positionnée à Fourvière, prête à intervenir rapidement si besoin, ainsi qu’un arrosage préventif systématique sur les points de tir et les zones de retombées, réalisé en collaboration entre le SDMIS et les artificiers. Deux visites de sécurité sont même programmées les 13 et 14 juillet, en présence de tous les services concernés.
La Ville assure enfin rester en contact permanent avec la préfecture, histoire de pouvoir réagir vite en cas de nouvelle alerte météo, de pic d’ozone ou de risque incendie qui viendrait changer la donne d’ici mardi.
Le cas Vénissieux, encore flou
Reste une inconnue de taille : Vénissieux. Contrairement à Lyon, la mairie n’a pour l’instant communiqué sur rien concernant le maintien ou non de son feu d’artifice. Or, le tir est traditionnellement effectué depuis le stade Laurent Gerin, un site qui, sur le papier, semble assez loin des règles des 500 mètres imposée par la préfecture pour bénéficier de la dérogation. Difficile donc de savoir à ce stade si le spectacle sera maintenu, adapté ou purement annulé. Tout dépendra de la décision que prendra la municipalité dans les prochains jours, en fonction de ce qu’elle est en capacité de mettre en place pour respecter, ou non, les conditions fixées par l’arrêté.
Du côté de la préfecture, on rappelle que toute infraction à cet arrêté sera verbalisée et poursuivie. Un sous-préfet, en déplacement à Saint-Priest ce vendredi, a d’ailleurs confirmé qu’en l’état actuel des choses, le feu d’artifice lyonnais ne posait « pas de difficultés majeures ».
Reste à voir si la météo tiendra ses promesses jusqu’à mardi soir, et si d’autres communes du Rhône, dont Vénissieux, trouveront une solution pour maintenir leurs festivités malgré les restrictions.

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