Boulangerie Dallery à Vénissieux : la fin d’une époque
Préemption, fermeture administrative, incivilités… retour sur le déclin d’un commerce artisanal emblématique de la place Léon-Sublet.
La préemption de la pâtisserie : premier coup dur
Les difficultés ont commencé avec la préemption du local de la pâtisserie Pittié par la municipalité de Vénissieux. Ce droit de préemption exercé par la mairie a contraint Alexandre Dallery à fermer cette pâtisserie pourtant bien connue des Vénissians, dont les gâteaux avaient régalé de nombreuses générations d’habitants de la commune et des environs.
Cette pâtisserie, installée depuis plusieurs décennies place Léon-Sublet, était considérée comme un établissement emblématique de la ville. Sa disparition forcée a constitué un premier signal fort de la fragilité de ce commerce artisanal face aux décisions administratives locales.
— Alexandre Dallery, communiqué de presse, août 2024
Fermeture administrative : le coup de grâce sanitaire
En février 2024, la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) du Rhône procède à une inspection de la boulangerie. Les conclusions sont sévères : l’établissement est fermé pour manquements graves aux règles d’hygiène. Les agents relèvent notamment la présence de cafards et blattes, de déjections de souris, de denrées périmées et de mauvaises conditions de stockage des matières premières.
⚠️ Fermeture administrative — Février 2024
La DDPP du Rhône a estimé que la boulangerie, en l’état, constituait une « menace importante pour la santé des consommateurs en raison de la probabilité importante de contaminations (microbiologique, chimique, physique) ». La fermeture a duré environ 15 jours, avant une réouverture visée autour du 14 février.
Cette fermeture a profondément fragilisé l’image et la situation financière de l’établissement. Alexandre Dallery a cependant fait preuve de réactivité pour tenter de redresser la barre et rouvrir son commerce dans les meilleurs délais.
Incivilités et pressions : un contexte délétère
La boulangerie a également été le théâtre de plusieurs incidents et actes d’incivilité qui ont pesé sur le moral du gérant et de son équipe. L’affaire la plus médiatisée survient à l’été 2024 : une employée vend par erreur une quiche aux lardons à deux clients qui attendaient une quiche au fromage. La réaction est disproportionnée : des menaces sont proférées contre le personnel, plongeant l’équipe dans un climat de peur. La vendeuse concernée se retrouve en arrêt de travail.
Dans la foulée, Alexandre Dallery annonce la fin de la commercialisation de produits à base de porc dans son établissement, une décision qui déclenche une vive polémique locale et nationale, avec une importante récupération politique des deux bords.
📋 Chronologie des événements
2023
Fév. 2024
Été 2024
Août 2024
2025–2026
Et maintenant ? L’avenir de la place Léon-Sublet
À ce jour, aucune information officielle n’a été communiquée sur le devenir précis du local du 17 place Léon-Sublet mais le repreneur devrait être le responsable de la boulangerie la Huche à pain, située aussi à Vénissieux. Mais les délais dans la reprise de commerces artisanaux sont souvent plus longs que prévus.
🌱 Un repreneur à l’horizon ?
Selon des informations non officiellement confirmées, ce repreneur serait intéressé par le local et maintiendrait l’activité de boulangerie — le commerce resterait donc une boulangerie, mais sous un nouveau nom et une nouvelle enseigne. Cette perspective permettrait de préserver un service de proximité essentiel pour les habitants du centre de Vénissieux.
ℹ️ Le déclin du commerce artisanal, un phénomène national
Alexandre Dallery l’affirme lui-même : sa situation n’est pas isolée. Le commerce artisanal de boulangerie-pâtisserie est en déclin dans toute la France, pressé entre la concurrence des grandes surfaces, la hausse des coûts de l’énergie et des matières premières, et les difficultés de recrutement.
Un symbole qui pose question
Au-delà du cas particulier d’Alexandre Dallery, la fermeture de cette boulangerie soulève des questions plus larges sur la vitalité commerciale de Vénissieux et la place des artisans dans les quartiers populaires. Qui reprendra le flambeau ? Dans quelles conditions ? Et la mairie soutiendra-t-elle davantage les commerces de proximité à l’avenir ?

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