Cette année, la Fête de la musique se déroule dans un contexte particulier. La canicule qui touche une grande partie de la France a conduit plusieurs villes à annuler purement et simplement les festivités, invoquant des raisons de sécurité évidentes pour le public comme pour les artistes.
À Vénissieux, toutefois, le choix semble différent. Pas d’annulation officielle, mais un programme qui laisse pour le moins perplexe. Selon les informations disponibles, une scène serait bien installée à proximité de l’école de musique. Une présence, certes. Une vraie fête, c’est une autre question.
Car disons-le sans détour : la Fête de la musique à Vénissieux n’a jamais vraiment brillé par son ambition. Même sous l’ancienne majorité, pourtant solidement installée et rompue aux événements populaires, la manifestation donnait souvent le sentiment d’un rendez-vous un peu en retrait, loin de l’effervescence que l’on peut observer dans d’autres communes.
Faut-il alors y voir une continuité ? Ou simplement un manque de temps pour la nouvelle équipe municipale, récemment arrivée aux responsabilités ? On peut raisonnablement accorder à cette dernière le bénéfice du doute. Organiser une véritable Fête de la musique, digne de ce nom, ne s’improvise pas en quelques semaines.
Mais tout de même. La Fête de la musique, ce n’est pas seulement une scène posée ici ou là. C’est un moment de partage, de diversité culturelle, d’appropriation de l’espace public par les habitants, les amateurs, les associations. C’est une ville qui vit, respire et se transforme, le temps d’une soirée.
À Vénissieux, on semble encore loin de cette ambition. L’impression dominante reste celle d’un minimum assuré, presque administratif, quand d’autres territoires font le choix de l’audace, ou au moins celui de l’envie.
Alors oui, la canicule complique les choses. Oui, la prudence est nécessaire. Mais entre l’annulation assumée et la demi-mesure, il existe peut-être une troisième voie : celle d’un événement repensé, adapté, mais néanmoins ambitieux.
Souhaitons que cette édition 2026 serve au moins de point de départ à une réflexion plus large. Car Vénissieux mérite mieux qu’une Fête de la musique au rabais. Et ses habitants aussi.
Rendez-vous, peut-être, l’an prochain. Avec un peu plus de musique… et un peu plus de fête.

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