Affaire Barbara Butch : pourquoi le député maire LFI de Vénissieux ne s’est pas exprimé

Le 18 juillet 2026, le concert de la DJ Barbara Butch est interrompu à Grenoble par des militants LFI et propalestiniens, en raison selon la France Insoumise de ses positions pro-israéliennes. En quelques jours : plainte du parquet, plainte de la mairie, plainte de l’artiste, soutien politique large, couverture médiatique nationale. La réaction institutionnelle et politique a été rapide et forte. A Libération, Le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, a déclaré ce vendredi 24 juillet sur TF1 que la DJ Barbara Butch avait «raison» de porter plainte, après l’interruption de son concert à Grenoble, samedi 18 juillet. «Elle a raison de le faire», estime le maire LFI, dont le mouvement est pourtant visé«J’encourage toutes les personnes qui sont victimes à la fois de propos racistes ou de propos discriminants» à aller en justice, a-t-il ajouté, lui qui a été lui-même la cible d’une vague de haine raciste.

Le cas Blanche Gardin : une mise à l’écart moins commentée politiquement

L’humoriste Blanche Gardin, lors d’un scketch a dénoncé la façon dont les soutiens de la politique d’Israël instrumentalisent la lutte contre l’antisémitisme pour neutraliser les défenseurs de la cause palestinienne, a déclaré dans plusieurs interviews avoir perdu son agent, des propositions de cinéma, et avoir reçu des menaces. Elle a documenté cette situation dans plusieurs médias (Télérama, Arrêt sur images), évoquant des conséquences matérielles concrètes, y compris la perte de son logement.

Sa situation a suscité des réactions individuelles — l’ancien député Aymeric Caron a dénoncé un climat qu’il a qualifié de « maccarthysme néo-sioniste » — mais pas de mobilisation de personnalités du spectacle, des médias ou des politique : ni plainte collective, ni communiqué de parti, ni saisine institutionnelle en soutien à l’humoriste. 

Le cas Akim Omiri : une intrusion en direct, peu relayée politiquement

En mai 2026, l’enregistrement de l’émission « La Riposte » qu’il anime sur Radio Nova est interrompu par une intrusion du collectif « Nous Vivrons », qui l’accuse d’antisémitisme et filme et photographie le public sans son consentement. L’animateur choisit de répondre publiquement plutôt que de faire évacuer les intrus. L’épisode fait le tour des réseaux et alimente une polémique médiatique, mais ne débouche ni sur une plainte de l’employeur, ni sur une mobilisation politique d’ampleur comparable à celle observée pour Barbara Butch.

Un constat, sans jugement définitif

Ces trois affaires ne sont pas strictement comparables : contextes différents, nature différente des faits (interruption d’un spectacle payant avec violences matérielles dans un cas, mise à l’écart professionnelle diffuse dans un autre, intrusion filmée dans le troisième). Mais le contraste dans le niveau de réponse institutionnelle et politique — rapide et massif pour Barbara Butch, plus limité et individuel pour Blanche Gardin et Akim Omiri — est un fait objectivement observable dans la couverture de presse et les réactions politiques disponibles à ce jour.


Sources : Jean-Marc Morandini, TRT Français, Arrêt sur images (Blanche Gardin) ;, Wikipédia (Akim Omiri / La Riposte) ; presse locale et nationale (Barbara Butch / Allan Brunon).

Barbara Butch et Allan Brunon : le lien, en bref

Qui sont-ils ? Barbara Butch, 45 ans, DJ parisienne connue pour ses engagements LGBTQ+. Allan Brunon, 27 ans, conseiller municipal LFI à Grenoble.

Le désaccord. Barbara Butch a participé en 2025 à un événement à la résidence de l’ambassadeur de France en Israël et a soutenu la proposition de loi Yadan, contestée par des militants pro-palestiniens. Pour Allan Brunon et LFI Grenoble, cela en fait une cible de boycott. 

L’événement déclencheur. Programmée au festival Cabaret Frappé, Barbara Butch interrompt son concert le 18 juillet 2026 suite à l’intrusion de manifestants lors de son spectacle. La mairie de Grenoble évoque des jets de bouteilles et un sabotage électrique.

Depuis. Chacun a saisi la justice de son côté : Barbara Butch pour provocation à la haine, Allan Brunon pour cyberharcèlement. Le parquet a ouvert une enquête pour entrave aux libertés, et la mairie de Grenoble a déposé une nouvelle plainte visant les violences du 18 juillet, dans laquelle le nom d’Allan Brunon est cité sans qu’il en soit la cible directe.

En clair : un désaccord politique sur le soutien de la loi Yadan qui doit être rediscuté à la rentrée a débouché sur une action militante, puis sur des poursuites judiciaires croisées entre les deux personnes.

Et le maire de Vénissieux dans tout ça ? A priori, rien à voir directement avec l’affaire du 18 juillet. Le seul lien factuel est professionnel : Allan Brunon est, en parallèle de son mandat de conseiller municipal d’opposition à Grenoble, référencé comme collaborateur (attaché) parlementaire du député du Rhône Idir Boumertit — devenu maire de Vénissieux en mars 2026.

À ce jour, aucune déclaration publique d’Idir Boumertit sur cette affaire n’a été recensée dans la presse, que ce soit sur l’interruption du concert, sur l’implication de son collaborateur, ou sur la nouvelle plainte de la mairie de Grenoble.

Ni soutien, ni distance publique affichée, ni condamnation de l’interruption de l’évènement musical : le maire-député LFI de Vénissieux n’a pas commenté la situation, alors même que Allan Brunon travaille officiellement,à ce jour, pour lui à l’Assemblée nationale.

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