Plus de trois mois après son accession à la mairie de Vénissieux — tout en conservant son mandat de député du fait que des recours sont en cours d’examen par le tribunal administratif —, Idir Boumertit (LFI) a donné sa toute première interview depuis sa prise de fonction. Ni à Expressions, ni à Vénissieux Infos, ni à aucun autre média ou blog local : c’est Le Progrès qui a recueilli sa parole, dans un long entretien où l’édile revient sur ses premiers mois à la tête de la ville (« Je ne fais pas le cow-boy, mais je montre qu’on est là », Idir Boumertit).
Chronologie
- Depuis son entrée en fonction, il y a plus de trois mois, le maire n’avait accordé aucune interview à la presse locale vénissiane.
- Le 19 juillet, sollicité par Vénissieux Infos, il nous indique oralement qu’une interview exclusive nous sera accordée à la rentrée de septembre 2026.
- Le 24 juillet 2026, soit quatre jours plus tard : premier entretien du mandat, publié dans Le Progrès.
Un délai qui interroge
Le décalage entre les deux dates est le premier élément factuel qui pose question. Une promesse d’exclusivité formulée un dimanche, suivie quatre jours plus tard d’une interview accordée à un autre titre, nous a surpris, mais n’est pas en soi une preuve de mauvaise foi : les plannings d’un maire, qui reste par ailleurs député, peuvent se planifier parfois sur plusieurs jours, et un entretien avec un quotidien régional se programme rarement du jour au lendemain. Il est donc possible que la publication du Progrès ait été calée avant même l’échange du 19 juillet ; si c’est le cas, nous aurions pu être avertis qu’une interview avait déjà été donnée.
Cela n’enlève rien, cependant, au constat suivant : que l’interview ait été programmée avant ou après la promesse faite à la presse locale, le résultat reste le même : l’info locale, une fois de plus, est la dernière servie.
Une ligne éditoriale qui ne bouscule pas
Sur le fond de l’entretien lui-même, le ton reste consensuel : le maire y dresse le bilan de son action, sans que l’article ne s’attarde longuement sur les points de friction locaux — projets contestés, tensions internes à la majorité municipale, ou dossiers sensibles du mandat précédent. Ce choix éditorial relève évidemment de la responsabilité du Progrès, et rien n’indique qu’il découle d’un traitement de faveur plutôt que d’un choix de ligne rédactionnelle classique pour ce format d’entretien-bilan. Mais il alimente une question légitime, à laquelle seul le maire peut répondre : pourquoi avoir choisi, pour sa première prise de parole en tant qu’édile, un titre régional plutôt qu’un média suivant l’actualité municipale au quotidien — quel qu’il soit, Expressions, Vénissieux Infos, ou tout autre blog de la commune ?
Ce que ça dit de l’accès à l’information locale
Au-delà du cas particulier, l’épisode illustre une dynamique plus large et bien documentée : les titres de la presse quotidienne régionale ou nationale, disposant d’une audience plus large et d’une couverture jugée moins risquée politiquement, sont souvent privilégiés par les cabinets de communication des collectivités ou par les politiques, au détriment des médias locaux indépendants — même lorsque ces derniers suivent les dossiers de plus près et sollicitent l’élu en amont. Il faut néanmoins souligner que la municipalité actuelle a, sur d’autres points, fait preuve d’une plus grande ouverture envers Vénissieux Infos que l’ancienne majorité communiste : intégration au listing presse de la ville, accréditation aux Fêtes Escales — deux éléments que l’ancienne municipalité nous avait toujours refusés. C’est ce contraste qui rend cet épisode particulier, et qui nous a d’autant plus surpris.
La suite
VénissieuxInfos ne sollicitera pas d’interview auprès de la mairie sur ce sujet, et continuera de couvrir l’actualité municipale à partir des informations rendues publiques par le service presse et les comptes officiels sur les réseaux sociaux. Quant à la promesse d’un entretien à la rentrée de septembre, la rédaction a décidé de ne pas la réclamer : après cet épisode, nous jugeons plus utile de laisser les faits parler d’eux-mêmes plutôt que de solliciter un nouvel engagement.
Article basé sur les informations publiques disponibles à la date de publication. Sera mis à jour si de nouveaux éléments viennent compléter la chronologie.

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