Le 15 octobre 2026, le tribunal administratif de Lyon, a rendu une décision qui pourrait marquer un tournant dans l’histoire du journal Expressions-Venissieux. Saisie par cinq ex élus de l’opposition lors de la mandature de Michèle Picard, Farid Ben Moussa, Camille Champavere, Maurice Iacovella, Yalcin Ayvali et Alexandre Dallery, le tribunal a annulé la délibération municipale accordant une subvention annuelle de 610 000 euros à la Régie Autonome du journal vénissian.
Cette décision constitue une victoire judiciaire pour les requérants, qui contestaient cette aide publique depuis plusieurs années. Mais en annulant cette subvention, la justice ne ferme pas le journal, elle remet en cause le financement qui lui permet aujourd’hui d’exister. Dès lors, la question de sa pérennité est désormais posée
Ce que dit réellement le jugement
Les magistrats n’ont pas estimé que Expressions, n’avait pas le droit d’exister, ils n’ont pas jugé le contenu rédactionnel du journal ni ordonné l’arrêt de sa publication. Le tribunal a retenu un motif bien précis : l’arrêt porte sur la délibération de 2023, la subvention de 610 000 euros dépassait le seuil prévu par la règlementation européenne applicable aux aides publiques et aurait dû être notifié préalablement à la Commission Européenne. Cette formalité n’ayant pas été respecté, la délibération attribuant cette aide a été annulée. Autrement dit, ce n’est pas l’existence du journal qui est sanctionné, mais les conditions dans lesquelles il a été financé par la ville de Vénissieux.
Une décision qui fragilise néanmoins le modèle actuel
Si le tribunal ne ferme pas le journal, il remet en cause le principal financement qui lui permettait de fonctionner jusqu’à présent. La régie éditrice d’Expressions bénéficiait d’une subvention de 610 000 euros de la ville de Vénissieux, et c’est précisément cette ressource financière qui se retrouve aujourd’hui au coeur du débat. Dès lors une question simple se pose : le journal pourrait il continuer à exister dans les mêmes conditions sans cette aide publique ?
Personne ne dispose de cette information, même si l’ex conseiller municipal Farid Ben Moussa, a publié une vidéo sur son compte FaceBook pour annoncer la fermeture du journal. Sans doute en partant du principe que sans cette aide, le journal ne pourrait pas continuer.
Ce qui est certain, est que cette subvention annuelle représente une partie essentielle de ses moyens financiers et il est difficile d’imaginer que le journal puisse poursuivre ces activités exactement comme auparavant sans financement alternatif.
Une nouvelle subvention est-elle possible ?
La municipalité aujourd’hui dirigée par une majorité LFI, les communistes se trouvant dans l’opposition, pourrait-elle chercher de nouvelles solutions pour maintenir le journal ? A ce jour, Idir Boumertit, maire de Vénissieux, ne s’est pas exprimé sur la décision du tribunal et à ce jour rien ne garantie qu’une nouvelle subvention de même nature puisse être accordée dans les mêmes conditions que par le passé suite à cette décision de justice. Cette incertitude ouvre une période d’interrogation pour l’avenir du journal, car sans cette aide et sans financement alternatif, la poursuite de l’activité sous sa forme actuelle pourrait devenir difficile. C’est probablement là que se situe le véritable enjeu de ce jugement.
Si la subvention n’est pas rétablie, quel avenir attend le journal Expressions ?
Le journal pourra t-il trouver un nouveau modèle économique lui permettant de poursuivre son activité, ou cette décision marque t-elle le début d’une remise en cause plus profonde de son fonctionnement ?
Dans un article parue sur le site internet de Expressions, la rédaction a précisé que cette décision
« remet néanmoins en cause le fondement juridique de cette attribution et pose de nouveau la question des conditions dans lesquelles la régie pourra être financée. »
Son avenir dépendra désormais autant des choix politiques de la municipalité actuelle que des solutions financières qui pourront être trouvées dans les mois à venir.

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