Vénissieux : Idir Boumertit rend le casque obligatoire pour les trottinettes électriques

C’est un message empreint d’émotion et de colère que le maire LFI de Vénissieux a publié sur sa page FaceBook après un nouvel incident impliquant une trottinette électrique. Confronté une fois de plus aux conséquences dramatique de ces accidents, il a annoncé sa décision de rendre obligatoire le port du casque obligatoire sur la commune de Vénissieux. Il aurait été aussi judicieux d’insérer aussi le port d’un gilet fluorescent lorsqu’il fait nuit.

Pour Idir Boumertit il ne s’agit pas seulement d’une nouvelle règle mais avant tout d’une mesure de protection. Protection des usagers eux-mêmes, mais également des piétons qui subissent parfois des comportement dangereux : circulation sur le trottoirs, vitesse excessive, non respect du Code de la route ou encore d’utilisation d’engins débridés.

« Nous sommes faits de chair, de sang et d’os, pas d’acier ou de béton. Que chacun fasse sa part. Moi, je fais ma part en tant que maire. », rappelle-t-il dans son message. »

Une inquiétude qui dépasse largement Vénissieux

Vénissieux n’est pas un cas isolé. Partout en France, les collectivités locales cherchent des solutions face à l’augmentation du nombre d’accident impliquant des trottinettes électriques. Selon les chiffres publiés sur le site Maire Info, le nombre de décès liés à l’utilisation de ces engins a été multiplié par huit entre 2019 et 2025. Dans le même temps le nombre de blessés graves a fortement progressé.

Face à cette situation, certaines communes et préfectures ont décidé d’imposer le port du casque. L’objectif est clair : réduire la gravité des blessures, surtout des décès et traumatismes crâniens en cas de chute ou de collision. Cette mesure devrait d’ailleurs être aussi appliquée aux cyclistes.

Une mesure qui manque de cohérence à l’échelle du département du Rhône.

Si la volonté de renforcer la sécurité des usagers est compréhensive et largement partagée, la question de la cohérence des règles se pose.

Aujourd’hui certaines communes imposent le port du casque tandis que d’autres ne le rendent pas obligatoire. Un utilisateur de trottinette peut ainsi traverser plusieurs communes de la Métropole de Lyon et se retrouver à des règlementations différentes selon l’endroit ou il se circule.

Dans ce contexte une décision préfectorale applicable à l’ensemble du département du Rhône aurait sans doute constitué une solution plus cohérente. Elle aurait permis d’instaurer une règle unique pour tous les habitants et tous les usagers, quelle que soit la commune dans laquelle ils se déplacent.

Une telle harmonisation aurait également facilité la compréhension des règles et évité les disparités entre communes

Une application qui risque d’être difficile sur le terrain

Une autre question se pose : comment faire respecter l’arrêté municipal ?

Aujourd’hui de nombreuses infractions liées aux trottinettes électriques et aux cyclistes sont régulièrement constatées, circulation sur le trottoir, franchissement des feux rouges, transport de passagers sur les vélo’v notamment, vitesse excessive de certaines trottinettes débridés, demeurent des comportements malgré une règlementation existante.

Dans ces conditions, le contrôle du port du casque risque de s’avérer compliqué. Les effectifs de la police municipale et nationale ne peuvent être présents partout à un moment, surtout que la commune connaît d’autres difficultés auxquelles la police doit faire face.

Beaucoup de vénissians se félicitent de la décision de mettre en place cet arrêté tout en s’interrogeant sur l’efficacité d’une telle mesure qui malgré ses bonnes intentions pourrait être difficile à faire respecter au quotidien.

Une réponse locale à un problème national

Cette situation met également en lumière un débat plus large. Plusieurs juristes et parlementaires s’interrogent sur la solidité juridique de certains arrêtés locaux.

Les règles relatives aux équipements obligatoires des usagers de la route relèvent normalement du Code de la route, donc de l’État. Plusieurs élus estiment qu’une évolution de la législation nationale permettrait d’établir une règle claire, uniforme et juridiquement sécurisée sur l’ensemble du territoire.

D’ailleurs, plusieurs responsables politiques plaident déjà pour une généralisation du port du casque pour les utilisateurs de trottinettes électriques à l’échelle nationale.

La prévention reste essentielle

Au-delà de l’obligation du casque, le maire de Vénissieux reconnaît lui-même que cette mesure ne résoudra pas tous les problèmes.

Le véritable enjeu reste avant tout le comportement des usagers : respect des piétons, respect du Code de la route, limitation de la vitesse, abandon des engins débridés et davantage de prudence dans l’espace public.

Le port du casque peut réduire la gravité des blessures en cas d’accident, mais il ne remplacera jamais la responsabilité individuelle.

L’arrêté annoncé à Vénissieux constitue donc un signal fort en faveur de la sécurité. Reste à savoir s’il sera suffisamment respecté pour produire les effets attendus. Une chose semble toutefois certaine : face à un phénomène qui dépasse largement les frontières communales, une décision préfectorale applicable à l’ensemble du Rhône, voire une règle nationale, aurait probablement apporté davantage de cohérence, de lisibilité et d’efficacité.

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.