Boîte à souvenirs : la maison de l’emploi

L’emploi, un sujet largement évoqué pendant les élections, mais ensuite que se passe t-il ? Une municipalité n’est pas responsable des politiques menées par les différents gouvernements de gauche comme de droite. Mais que peux faire la ville ? Bon, déjà on aimerait bien connaître le budget exact consacré à l’emploi et à l’insertion, deux délégations gérées par les adjoints à la ville :

  • Djillanie Benmabrouk en charge de l’emploi, et des commerces
  • IdirBoumertit en charge du GPV (Grand Projet de Ville) et Insertion

Autrefois,  M. Benmabrouk était dans l’opposition au côté de M. Girard, mais qui a décidé au cours de son mandat de sortir du groupe de Christophe Girard. Lors du conseil municipal du 17 décembre 2012, il a pris la parole en tant qu’élu sans étiquette. Son intervention est intéressante, il commence son texte pour annoncer qu’il est dans :

Une attitude d’opposition constructive.

Tellement constructive qu’il a fini par rejoindre la majorité communiste lors des élections de 2014, poste qu’il a d’ailleurs gardé lors des élections partielles municipales de 2015. Après presque cinq ans son texte semble toujours d’actualité puisque sur l’emploi, il n’y a guère eu d’avancée. Aujourd’hui l’adjoint à l’emploi peut-il inverser la politique actuelle ? Lors de son intervention il reconnait que :

à l’échelle d’une ville tout n’est pas possible

Pourquoi, tout ce qui n’est pas possible en 2012, le serait-il en aujourd’hui avec la même majorité ?

Tout en précisant que :

au sein de cette assemblée, nous avons la responsabilité de prendre les bonnes orientations.

Mais à cette époque c’était toujours la majorité qui en avait la responsabilité car l’opposition, hormis le fait de dénoncer, n’a pas trop de poids dans les décisions de la ville. Alors aujoud’hui qu’en est-il des orientations prisent pour l’emploi, mise à part la Charte de Coopération, et les éventuels emplois dans le cadre du projet Le Puisoz, et qu’en est-il de la Maison de l’Emploi etc etc…

En tout cas en 2012 l’élu sans étiquette pose les bonnes questions et pourtant aujourd’hui on n’a pas les chiffres concernant les vénissians recrutés dans les zones franches,  

Il serait intéressant d’avoir les chiffres sur le nombre de salariés recrutés qui sont issus de Vénissieux, étaient ils demandeurs d’emploi ? Ou s’agit il simplement de transfert de salariés, sur le niveau de formation et de qualification requis, et si les entreprises se relocalisent dans la ZFU seulement pour un effet d’aubaine ? etc.

Alors les ZFU sont -elles des effets d’aubaine pour les entreprises ?

Et pour le parodier, je vais reprendre la dernière phrase de son discours

Je voudrais terminer par une remarque à la fois humoristique, voir véridique. ZUS, ZAC, ZEP, ZFU,  comme disent  certains jeunes «  je zone »

Oui, les jeunes, cette jeunesse dont certains quittent le parcours scolaire dès 16 ans, sans avoir trouver un lycée, sans qualification, sans apprentissage, sans avenir et finissent donc par «zoner», voire pour certains s’orienter vers des activités illicites.

M. Benmabrouk est aujourd’hui aux manettes de l’emploi à Vénissieux, alors arrêtons avec cette communication sur la charte de coopération, signée à ce jour par une centaine d’entreprises, et qu’en est-il de son idée de Maison de l’Emploi ? Nous donnera t-il les chiffres exacts de vénissians embauchés dans les zones franches ? Aura t-on cette fois-ci le budget exact alloué à l’emploi mais aussi à l’insertion dont l’adjoint est M. Boumertit ? Trop de questions en attente auxquelles on attend des réponses précises.

Lire son intervention lors du Conseil Municipal du 17 décembre 2012

Djil BenMabrouk, élu sans étiquette, société civile : 

J’avais annoncé ici même que  je serais dans une attitude d’opposition constructive tout en gardant mes valeurs, mes convictions et mon expérience en termes d’économie, d’emploi et de formation. Je suis persuadé que l’ampleur des crises que nous vivons doit nous amener vers une posture de coresponsabilité et d’exigence (majorité comme opposition). Le problème des banlieues est devant nous, pas derrière nous, et nous avons le devoir d’être optimisme. Des solutions existent. Devant cette situation complexe,  et en tant que membre de l’opposition, je me refuse de prendre le chemin de la facilité et de me contenter de dénoncer. Cela étant dit, soyons lucide, à l’échelle d’une ville tout n’est pas possible, mais au sein de cette assemblée, nous avons la responsabilité de prendre les bonnes orientations.

C’est avec intérêt que j’ai lu le rapport complet de l’observatoire, réalisé par l’agence de l’urbanisme de Lyon, présentant le diagnostique social et économique de la ville de Vénissieux.

Je voudrais insister, voir compléter certains points :

– Sur la précarité, les chiffres date de 2008 nous sommes en 2012, la précarité s’est multipliée (jeunes, étudiants, personnes âgées, famille monoparentale) de plus en plus de catégorie de nos concitoyens sont concernées. La pauvreté progresse, la peur de devenir pauvre progresse. Je me refuse de rentrer dans un faux débat sur l’assistanat. Mais, nous avons tous, un devoir d’assistance et de responsabilité. Au vu du rapport, et de la répartition des financements sur les différentes thématiques « politique de la Ville » j’aurais souhaité plus d’actions sur le volet de la lutte contre la discrimination. Dans la mesure, où la discrimination est aussi bien sociale que territoriale. Mais nous savons tous ici que nous devons agir sur tous les plans. Les difficultés sont cumulatives dans nos quartiers. A la lecture de différentes études, rapports et expérimentations régionales et nationales, des orientations doivent être prises. Je pense  que l’état devrait  territorialiser les politiques publiques de l’emploi.

Situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle. Puisque nos territoires sont spécifiques et qu’ils sont et seront les plus impactés par la crise. Allons au bout de cette logique et privilégions des actions spécifiques pour recruter dans nos quartiers, en mettant en valeur les jeunes disposant d’un premier niveau de qualification, ainsi que nos jeunes diplômés, qu’il faut absolument mettre en avant.

Nous disposons d’un tissu économique  dynamique sur notre commune, Aidons les acteurs de l’économie à multiplier des actions de :

Parrainage, tutorat, accueil de stagiaire, contrats en alternance, formations pour les moins qualifiés, obtention du label Diversité pour les entreprises. La diversité s’entendant au sens large et pas seulement ethnique.

Des appels à projet financés par l’Etat et la Caisse des Dépôts et Consignation en direction des clubs d’entreprise sont en cours d’élaboration.

On ne va pas se raconter des histoires : la grande majorité des offres d’emploi est traitée par cooptation et la population de nos  quartiers souffrent avant tout d’un manque de réseau.

En tant que parent, vous avez été, certainement, confronté à la difficulté de trouver un stage pour vos enfants.

Soutenons, accompagnons, et orientons la création d’activité  (qui est un  formidable outil pédagogique de positionnement professionnel et pas seulement de création d’entreprise) je communiquerais à tous le rapport d’activité de l’association PlaNet Adam Cré’Acteurs, initiée sur Vénissieux et qui s’est multipliée sur Villeurbanne, LYON 8ème et prochainement sur Vaulx en velin.

Soutenons l’économie sociale et solidaire qui connaît une croissance dynamique (coopératives d’activité, associations, régie de quartiers etc.)

Intensifions l’offre d’insertion. Nous félicitons la ville pour la mise en œuvre de clauses d’insertion avec les maitres d’ouvrage.

Mais pourquoi  ne pas allez plus loin  sur une modification du code des marchés publics avec des mesures dérogatoires afin de favoriser l’embauche des habitants des ZUS. (à compétences égales, bien sûr)

Sur le développement de  l’orientation : En tant que voisin, j’ai assisté à l’installation de l’espace central jeunes et je tenais à être présent à la célébration des 20 ans du BIJ. J’ai pu observé de près, l’apport de cet outil à notre jeunesse. Mais je ne désespère pas de voir, un jour, la création d’une Maison de l’Emploi et de la Formation qui centraliserait (les structures d’orientation et de formation, la ML, les organismes d’insertion, l’accompagnement à la création d’entreprise..etc.) Je suis persuadé que nous gagnerons en terme  de visibilité, d’efficacité et de coût de fonctionnement.

Sur  la partie ZFU et donc développement de l’activité économique. C’est un dispositif qui s’essouffle pour différentes raisons : l’évolution des dispositifs ZFU de la 1er à la  2éme génération est une première explication. Je partage l’analyse sur le rapport d’activité. Mais je regrette le manque d’analyse sur les effets sur l’emploi, dont c’est le premier objectif.

Sur la clause d’embauche local : Il serait intéressant d’avoir les chiffres sur le nombre de salariés recrutés qui sont issus de Vénissieux, étaient ils demandeurs d’emploi ? Ou s’agit il simplement de transfert de salariés, sur le niveau de formation et de qualification requis, et si les entreprises se relocalisent dans la ZFU seulement pour un effet d’aubaine ? etc.

Le dernier rapport de l’ONZUS note en général la faiblesse de l’impact des ZFU sur l’emploi pour plusieurs raisons.

  • Le poids des très petites entreprises dont la capacité d’embauche est limitée
  • La  relocalisation
  • Le décalage entre le profil des postes offerts et des personnes qui y vivent

Certains sites ont mis en place la GPEC qui permet d’anticiper les besoins en compétences des entreprises candidates. Alors bien sûr, nous avons le droit de nous poser l’épineuse question du coût de l’emploi dans ces ZFU ? (Au vu des résultats et des exonérations consenties)

Une appréciation purement comptable serait une erreur. Il faut tenir compte du renforcement du lien social et de l’activité économique, l’émergence de nouveaux entrepreneurs issus des quartiers (vous connaissez tous ma conviction sur cette thématique). Je vous invite à consulter le rapport du CESE sur ce sujet). Et lorsqu’on parle de « coût »  il faut parler, de coût évité en terme de hausse du chômage, d’aggravation des difficultés économiques, de dégradation de l’image, et de perte de vitalité économique.

Je voudrais terminer par une remarque à la fois humoristique, voir véridique. ZUS, ZAC, ZEP, ZFU,  comme disent  certains jeunes «  je zone ». Mais l’objectif final serait il pas de sortir des zones … A méditer.

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