Canicule à Vénissieux: les élus veillent sur les séniors, mais oublieraient ils les écoliers ?

Alors que le Rhône est placé en alerte jaune et que les températures frôlent les 30°C en ce mois de mai, la mairie de Vénissieux s’est mobilisée pour les personnes âgées. Mais qu’en est il dans les groupes scolaires primaires, directeurs et enfants feraient ils face à la chaleur dans un silence assourdissant ?

Mai 2026
⚠ Alerte jaune canicule
Vénissieux · Rhône

Un élan louable pour les personnes âgées

Le maire et son adjointe au 3e âge, Nadia Chikh, l’ont fait savoir sur les réseaux sociaux : ils se sont rendus ce matin dans les deux résidences autonomie de la ville, Ludovic Bonin et Henri Raynaud, pour constater de visu la qualité de prise en charge des résidents face à la vague de chaleur. Le geste est sincère, la démarche mérite d’être saluée.

Selon les chiffres publiés par l’élu : Vénissieux compte 7 500 personnes âgées de 60 à 74 ans, et 4 760 personnes de plus de 75 ans — dont 40 % vivent seules. Le Centre Communal d’Action Sociale (CCAS) dispose d’une cellule de veille téléphonique, activée dès l’alerte orange, capable de contacter plus de 300 personnes vulnérables. Le dispositif existe, il fonctionne, les agents s’y dévouent. Dont acte.

« Gouverner, c’est prévoir. Et prévoir, c’est agir pour tous — pas seulement pour ceux qui font la une des discours officiels. »

Et les enfants dans tout ça ?

Pourtant, au même moment, dans les groupes scolaires primaires de Vénissieux, une tout autre réalité se dessinerait. Des classes peu équipés en ventilateurs, des enfants qui transpireraient sur leurs cahiers, et des directeurs qui aimeraient bien un signe de la municipalité. Un mail leur a t-il envoyé, un appel de l’élu en charge des écoles ? et surtout une visite est elle prévue pour en discuter avec les directeurs des écoles ? 

C’est là que le bât blesse. L’adjoint aux écoles, dont c’est précisément la mission de coordonner les relations entre la mairie et les établissements scolaires, semble briller par son absence. La communication avec la mairie serait elle difficile en temps normal — car en période de canicule, elle semblerait inexistante.

✔ Ce qui a été fait

  • ✔ Visite dans les résidences autonomie
  • ✔ Cellule de veille téléphonique (CCAS)
  • ✔ Suivi des 300 personnes inscrites
  • ✔ Communication publique assumée

✘ Ce qui manquerait

  • ✘ Aucun mail aux directeurs d’école ?
  • ✘ Aucun appel de l’adjoint aux écoles ?
  • ✘ Aucune visite dans les établissements ?
  • ✘ Aucun matériel distribué (eau, ventilateurs) ?

L’anticipation, parent pauvre de l’action municipale

La météo n’a pourtant surpris personne. Météo-France avait annoncé cette vague de chaleur précoce plusieurs jours à l’avance, avec une accalmie prévue ce week-end avant une reprise probable en juin. Le temps n’a pas manqué pour agir. Ce qui aurait manqué, c’est la volonté d’agir pour tous.

Qu’aurait-il fallu ? Un mail collectif aux directeurs pour recenser les besoins. Un coup de téléphone pour vérifier l’état des salles de classe. Quelques bouteilles d’eau et ventilateurs acheminés en urgence dans les écoles les plus exposées. Rien d’extraordinaire : le minimum syndical de ce que l’on est en droit d’attendre d’une collectivité qui se dit à l’écoute de ses habitants — y compris les plus petits.

ℹ Rappel réglementaire

En cas de pic de chaleur, les communes ont la possibilité de mettre à disposition des salles rafraîchies, de distribuer de l’eau, et d’adapter les activités scolaires en lien avec les directeurs d’établissement. Ces mesures ne sembleraient pas avoir été engagées à Vénissieux pour les écoles.

Deux poids, deux mesures

On ne reprochera pas à la mairie de prendre soin de ses aînés — c’est une priorité légitime et urgente. Mais gouverner, c’est aussi savoir que dans une cour d’école, à 30 degrés, un enfant de 6 ans est tout aussi vulnérable qu’un senior de 80 ans. La canicule ne fait pas de discrimination d’âge, et l’action publique ne devrait pas en faire non plus.

Il reste encore du temps avant la prochaine vague de chaleur annoncée pour juin. La mairie et son adjoint aux écoles auraient là une occasion de rattraper le tir : prendre contact avec les directeurs, évaluer les besoins, et montrer que la solidarité vantée dans les communiqués officiels s’applique aussi aux plus jeunes Vénissians.

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