À Vénissieux, ce qui pourrait passer pour un désaccord technique sur des désignations dans des organismes extérieurs révèle en réalité quelque chose de plus profond : une tension politique persistante, et surtout, des contradictions de part et d’autre.
Une demande qui interroge
Le groupe communiste, désormais dans l’opposition, réclame aujourd’hui d’être représenté dans des instances jusqu’ici réservées à la majorité municipale. Sur le fond, la question n’est pas absurde. Dans une démocratie locale, la place de l’opposition mérite d’être posée. Mais difficile de ne pas relever une certaine ironie : pendant des années, lorsqu’il était aux commandes de la ville, selon Idir Boumertit ce même camp n’avait jamais ouvert ces espaces à ses opposants.
Autrement dit, ce qui est présenté aujourd’hui comme un enjeu démocratique ne semblait pas en être un hier.
Une majorité dans son droit… mais un peu à l’aise
De son côté, la majorité actuelle (LFI) répond de manière assez classique : elle a gagné les élections, elle applique son programme et elle assure les responsabilités qui vont avec, y compris représenter la ville dans ces organismes. Difficile de contester cet argument sur le principe. Le suffrage universel donne une légitimité claire. Mais à force de se retrancher derrière cette légitimité, la majorité donne aussi le sentiment de ne pas vouloir aller plus loin. Gouverner, ce n’est pas seulement appliquer un programme, c’est aussi organiser le débat, y compris avec ceux qui ne sont pas d’accord.
Et sur ce point, le discours reste pour le moins discret.
Une mémoire politique un peu courte
Ce qui rend la situation encore plus intéressante, c’est que le maire actuel faisait lui-même partie de l’ancienne majorité communique aujourd’hui critiquée. Une majorité qui, justement, fonctionnait de la même manière. Cela pose une question simple : pourquoi ce qui était normal hier poserait-il problème aujourd’hui — ou inversement ? Chacun semble ainsi réécrire une partie de l’histoire à son avantage, ce qui n’aide pas vraiment à clarifier le débat.
Le rôle de l’opposition : le vrai sujet
Au fond, la vraie question n’est peut-être pas celle des sièges dans tel ou tel organisme. Elle est plus large : quel est le rôle de l’opposition à Vénissieux ? Et là, il faut bien reconnaître que le sujet est largement resté dans l’angle mort. Ni hier, ni aujourd’hui, il n’a fait l’objet d’une véritable clarification. Plus étonnant encore, le maire actuel ne s’est jamais réellement exprimé sur cette question, y compris lorsqu’il était dans l’ancienne majorité. Un silence qui pèse aujourd’hui, alors que le débat ressurgit.
Une transition politique encore inachevée
Ce qui se joue ici, c’est aussi le contrecoup d’une longue période politique. Passer du pouvoir à l’opposition n’est jamais simple, surtout après des années de gestion. Le groupe communiste semble aujourd’hui chercher ses marques dans un nouveau rôle. De son côté, la majorité en place s’installe, mais sans toujours ouvrir d’espace à une opposition qu’elle juge parfois trop contestataire.
Et maintenant ?
Au final, chacun campe sur ses positions :
- l’opposition réclame des droits qu’elle n’a jamais vraiment défendus auparavant
- la majorité applique les règles… sans chercher à les faire évoluer
Et au milieu, une question reste entière : comment faire vivre un véritable pluralisme local, au-delà des postures ?
Car à force de s’opposer sur les formes, on finit par éviter le fond. Et c’est peut-être ça, le vrai problème.

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